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La bataille de Sainte-Soline

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Ce que ça a donné

Seize bassines

Dans le bassin de la Sèvre niortaise et du Mignon, dont les rivières alimentent le Marais poitevin, l’État autorise en 2017 dix-neuf réserves, ramenées à seize en 2020, pour environ 6,2 millions de mètres cubes après une nouvelle baisse en 2022. Le projet est porté par la Coop de l’eau des Deux-Sèvres, qui réunit 450 agriculteurs irrigants, et payé à environ 70 % par de l’argent public, celui de l’État et de l’agence de l’eau.

La réserve de Sainte-Soline peut contenir environ 600 000 mètres cubes. Une douzaine d’exploitations y sont raccordées, selon la chambre d’agriculture citée à l’Assemblée nationale.




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25 mars 2023

La manifestation contre la réserve de Sainte-Soline est interdite ; elle a lieu quand même. Entre 6 000 et 8 000 personnes selon les autorités, 25 000 à 30 000 selon les organisateurs. En face, environ 3 000 gendarmes protègent le chantier. Selon la gendarmerie, des mortiers d’artifice et des engins incendiaires sont lancés sur eux, et plusieurs véhicules brûlent.

Ce jour-là, selon le décompte des munitions de la préfecture, les forces de l’ordre tirent 5 015 grenades lacrymogènes, 89 grenades de désencerclement, 40 grenades assourdissantes et 81 balles de défense. Le bilan : 47 gendarmes blessés selon le procureur de Niort ; environ 200 manifestants blessés, dont 40 gravement, selon les organisateurs. Deux manifestants sont plongés dans le coma. L’un d’eux, Serge D., a eu une partie du crâne fracturée et garde de lourdes séquelles.




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Pourquoi s’en méfier

Les chiffres de la foule varient du simple au quadruple, et ceux des blessés viennent de chaque camp. Quant au seul calcul scientifique des effets des bassines, celui du BRGM, le service géologique de l’État, il a été commandé et payé par la Coop de l’eau, qui a aussi fourni les scénarios. Le BRGM le dit lui-même : ce n’est ni une étude approfondie ni une étude d’impact. Il ne simule ni le changement climatique ni le devenir de l’eau stockée (usage, évaporation), et s’appuie sur les années 2000 à 2011.

Ses résultats, repris par la presse : un gain l’été, de l’ordre de 5 à 6 % de débit dans les cours d’eau du marais, et une baisse des nappes l’hiver, de 20 à 50 centimètres. Un collectif d’opposants lui a répondu par une contre-étude, qui l’accuse de grossir le gain d’été et de minimiser les effets d’hiver.




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