Ce n’est pas la rue qui gouverne
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Une phrase à la télévision
7 mai 2003
Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin prépare une réforme des retraites. Les fonctionnaires devront cotiser plus longtemps : 40 ans en 2008 au lieu de 37,5, comme les salariés du privé, puis 41 ans pour tout le monde en 2012. Les syndicats appellent à une grande journée de grève le 13 mai.Le 7 mai, à la télévision, le Premier ministre prévient : « ce n’est pas la rue qui gouverne ».
13 mai 2003
Six jours plus tard, la France connaît sa plus forte journée de mobilisation depuis les grandes grèves de 1995. Les manifestants sont 1,1 million selon la police, 2 millions selon les syndicats.Le 15 mai, la CFDT approuve un compromis avec le gouvernement. Elle obtient notamment un départ anticipé pour les longues carrières, ceux qui ont commencé à travailler très jeunes. D’autres syndicats continuent : le 25 mai, près d’un demi-million de personnes défilent encore à Paris.
21 août 2003
La réforme est votée, avec quelques concessions. La rue n’a pas gouverné.Ce printemps-là pose une question qui revient depuis plus de vingt ans, sous la droite, sous la gauche et sous Emmanuel Macron : quand des millions de personnes manifestent, et qu’une majorité élue a voté, qui doit avoir le dernier mot ?
Pourquoi cette histoire
Elle fait suite à celle du « non » de 2005 et du traité de Lisbonne, où un vote avait été contourné. Ici, il s’agit de ce qui reste au peuple entre deux élections : la grève, la manifestation, la rue.Cette histoire ne tranche pas à votre place. Elle donne les faits, les chiffres des deux côtés et les arguments des deux camps, jusqu’aux mobilisations de l’automne 2026.
On se teste ?
