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La foule ou le peuple ?

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Ce qui coince

1er mai 2018 : l’homme au casque

Place de la Contrescarpe, à Paris, un homme casqué frappe des manifestants. La scène est filmée. Le 18 juillet, Le Monde révèle son nom : Alexandre Benalla, un collaborateur de l’Élysée, venu ce jour-là en « observateur » auprès des policiers. Il avait été mis à pied quinze jours en mai ; l’Élysée engage son licenciement le 20 juillet.

Le 24 juillet, devant les élus de sa majorité, Emmanuel Macron déclare : « Le seul responsable de cette affaire, c’est moi et moi seul. » Et il lance : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher. »

Ensuite, les contre-pouvoirs font leur travail. En février 2019, une commission d’enquête du Sénat pointe des « dysfonctionnements majeurs » au sommet de l’État. La justice condamne Alexandre Benalla, notamment pour les violences du 1er mai, à trois ans de prison dont un ferme, aménagé pour être purgé hors de prison ; la peine devient définitive le 26 juin 2024.




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Les gilets jaunes, et ceux qui regardent

À partir du 17 novembre 2018, les gilets jaunes occupent les ronds-points. Leurs blessés, et ceux des forces de l’ordre, sont racontés dans l’histoire « Violence silencieuse ». Ici, ce qui compte, c’est la réponse du pouvoir, et de ceux qui le surveillent :
  • le président annonce environ 10 milliards d’euros de mesures en décembre 2018, puis lance un grand débat national, du 15 janvier au 15 mars 2019 : plus de 10 000 réunions locales et environ 2 millions de contributions en ligne ;
  • le 26 février 2019, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, demande de suspendre les lanceurs de balles de défense (LBD) ; le 6 mars, la Haute-Commissaire de l’ONU, Michelle Bachelet, demande une enquête approfondie sur les signalements d’usage excessif de la force. Le Premier ministre, Édouard Philippe, répond que le gouvernement n’a pas attendu l’ONU pour faire la lumière sur les violences ;
  • le 4 avril 2019, le Conseil constitutionnel, saisi par des députés, des sénateurs et par le président lui-même, censure l’article de la loi dite « anticasseurs » qui permettait à un préfet d’interdire à une personne de manifester, sans jugement ;
  • en janvier 2020, le ministre de l’Intérieur retire la grenade GLI-F4, accusée d’avoir arraché des mains. Ses critiques parlent d’un geste symbolique : les stocks s’épuisaient.




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Ceux pour qui l’élection décide

  • le président et les députés sont élus : ils ont un mandat, et des manifestants, même par millions, ne sont qu’une partie du pays ;
  • pendant sa campagne de 2022, Emmanuel Macron avait annoncé qu’il reculerait l’âge de la retraite, à 65 ans ; la réforme de 2023 s’arrête à 64 ;
  • le 49.3 est dans la Constitution, et l’opposition pouvait renverser le gouvernement par une motion de censure : elle n’a pas réuni assez de voix ;
  • les violences, les incendies et les pillages ne sont pas des arguments, et les forces de l’ordre aussi ont leurs blessés ;
  • le 21 mars 2023, devant les parlementaires de sa majorité, le président affirme, selon l’AFP, que « la foule » n’a pas de « légitimité » face au peuple qui s’exprime par ses élus. Il précise ensuite que les syndicats, eux, ont une légitimité.




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Ceux pour qui la rue a raison de crier

  • une élection n’est pas un chèque en blanc : au soir de sa réélection, le 24 avril 2022, Emmanuel Macron reconnaît que beaucoup ont voté pour lui pour faire barrage à l’extrême droite, et ajoute : « ce vote m’oblige pour les années à venir » ;
  • en 2023, les huit grands syndicats défilent ensemble, une première depuis quinze ans, et selon un sondage Elabe des 13 et 14 mars, 67 % des Français approuvent la mobilisation ;
  • le 49.3 fait adopter une loi sans que les députés votent sur le texte lui-même ;
  • deux demandes de référendum d’initiative partagée sur l’âge de la retraite sont rejetées par le Conseil constitutionnel, le 14 avril et le 3 mai 2023 : la porte du référendum reste fermée ;
  • la grève et la manifestation sont des droits, pas des désordres : ce que le pouvoir appelle « la foule », d’autres l’appellent le peuple.




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La lecture d’AVENIR : la rue alerte, les contre-pouvoirs vérifient

Les deux camps oublient souvent un troisième acteur. Ce qui a freiné le pouvoir ces années-là, ce n’est pas toujours la rue : c’est aussi un journal qui révèle, une commission d’enquête, un juge qui condamne, un Conseil constitutionnel qui censure. Ce sont les contre-pouvoirs.

La rue dit qu’il y a un problème ; les contre-pouvoirs vérifient, et peuvent arrêter un abus. Quand ceux qui gouvernent n’écoutent plus ni l’une ni les autres, la confiance s’use.




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Écrite le 23 / 10 / 2026
Histoire lue 50 fois
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ensemb © 2026, fait par Guillaume et Claude (IA)



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