Quand l’eau devient une marchandise
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La facture
La facture
Début 2000, à Cochabamba, troisième ville de Bolivie, une famille ouvre sa facture d’eau. Elle a augmenté de 50 %, parfois doublé, en quelques semaines. Pour beaucoup de familles pauvres, l’eau représente désormais une part énorme du revenu : il faut choisir entre boire, se laver et manger.Ce qui a changé : depuis l’automne 1999, l’eau de la ville n’est plus gérée par un service public, mais par une société privée, Aguas del Tunari, contrôlée par la multinationale américaine Bechtel, pour quarante ans.
Pourquoi la privatisation
Dans les années 1990, la Bolivie, très endettée, applique les recommandations des institutions financières internationales, dont la Banque mondiale : réduire le rôle de l’État, et confier les services publics à des entreprises privées, censées être plus efficaces et apporter des investissements.À Cochabamba, le réseau d’eau est vétuste, beaucoup de quartiers n’y sont pas raccordés. L’entreprise promet d’investir, notamment dans un grand barrage. Mais elle doit se rémunérer : ce sont les usagers qui paient.
L’eau du ciel
Le plus grave, pour beaucoup, est ailleurs. Une loi sur l’eau, votée à la même époque, permet de donner à la société des droits sur l’eau de toute la zone. Elle menace les puits creusés par les habitants eux-mêmes, et les systèmes d’eau communautaires que les quartiers et les paysans irrigants avaient construits et entretenaient depuis des années. On raconte même que récupérer l’eau de pluie aurait pu nécessiter une autorisation.Ce que l’on a construit ensemble devient la propriété d’un autre
C’est l’inverse exact du Tribunal des eaux de Valence.
On se teste ?
