Stocker l’eau d’hiver
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Le mécanisme
Prélever n’est pas consommer
En France métropolitaine, on prélève chaque année environ 27 milliards de mètres cubes d’eau douce, mais l’essentiel revient aux rivières : refroidir une centrale, c’est surtout emprunter de l’eau. L’eau consommée, celle qui ne revient pas, est d’environ 4,1 milliards de mètres cubes par an (moyenne de 2010 à 2021). Là, l’agriculture est en tête, surtout pour l’irrigation : 58 %, devant l’eau potable (26 %), les centrales électriques (12 %) et l’industrie (4 %). Dans le bassin Adour-Garonne, celui de Sivens, c’est 80 %. Et cette eau se consomme surtout l’été, quand elle manque le plus.Barrage ou bassine
Un barrage, comme celui de Sivens, ferme une vallée et retient une rivière. Une réserve de substitution, que ses opposants appellent « bassine » ou « mégabassine », est un grand bassin entouré de digues dans la plaine, tapissé d’une bâche, que l’on remplit en pompant la nappe phréatique l’hiver (dans les Deux-Sèvres, du 1er novembre au 31 mars), pour arroser l’été. « Substitution », parce que cette eau d’hiver remplace celle qu’on pompait l’été, quand rivières et nappes sont au plus bas.ZAD : une zone à défendre
Contre ces chantiers, des opposants occupent le terrain. Le mot vient de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes : la « zone d’aménagement différé », créée en 1974 pour réserver les terres d’un futur aéroport, devient pour ses occupants la « zone à défendre ». À Sivens, des « zadistes » s’installent sur le site du barrage en février 2014.À Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement renonce à l’aéroport le 17 janvier 2018, après cinquante ans de projet, malgré des décisions de justice favorables et une consultation locale qui, en juin 2016, avait donné une majorité pour le construire. Le Premier ministre, Édouard Philippe, parle d’un « aéroport de la division ». Gagner contre un projet, ce n’est pas toujours avoir la majorité.
On se teste ?
