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Une nuit à Sivens

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Une nuit d’octobre

Nuit du 25 au 26 octobre 2014, Sivens

Le samedi 25 octobre 2014, une manifestation a lieu sur le chantier d’un barrage, dans la forêt de Sivens, près de Lisle-sur-Tarn, dans le Tarn. Rémi Fraisse, 21 ans, étudiant, bénévole dans une association de botanique, Nature Midi-Pyrénées, arrive vers 16 h 30.

À l’écart du cortège, des manifestants violents, dont il ne fait pas partie, attaquent les gendarmes qui gardent la « zone vie », un enclos grillagé où étaient rangés les engins du chantier : bouteilles incendiaires, projectiles. Les affrontements durent jusqu’à 19 heures, puis reprennent après minuit.

Un peu avant 1 h 45, Rémi Fraisse s’avance vers la zone des affrontements, « sans pour autant y participer », écrira la Cour européenne des droits de l’homme. À 1 h 45, un gendarme lance par-dessus le grillage une grenade offensive OF-F1, une arme à effet de souffle. Elle tombe entre son cou et son sac à dos. Il meurt à 1 h 53. La Cour précise qu’il « ne s’était à aucun moment montré agressif ».




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Un barrage pour qui ?

Le projet : une digue de 12,8 mètres de haut en travers de la vallée du Tescou, pour une retenue de 1,5 million de mètres cubes sur 34 hectares, à environ 8,4 millions d’euros hors taxes. Elle noierait 13 hectares de zone humide, celle du Testet. Son but : garantir l’eau d’irrigation l’été et soutenir le débit de la rivière.

Pour combien de fermes ? Le conseil général du Tarn, qui porte le projet, en annonce 81, les opposants 19. Un mois avant le drame, la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a demandé une expertise à deux ingénieurs généraux de son ministère. Leur rapport, daté d’octobre 2014, compte « de l’ordre de 30 » bénéficiaires, plus une dizaine de nouveaux. Il relève « une surestimation des besoins de substitution de l’ordre de 35 % », calculés « sur des données anciennes et forfaitaires », et un barrage choisi « sans réelle analyse des solutions alternatives possibles ».




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Pourquoi cette histoire

L’eau ne manque pas pour tout le monde en même temps. Quand elle manque, il faut décider qui la garde : la rivière, le marais, le voisin, ou celui qui a de quoi la stocker. Sivens pose cette question de la façon la plus dure : un jeune homme est mort sur le chantier d’une retenue que les experts de l’État trouvaient mal calculée, et dont la justice annulera les autorisations.

Neuf ans plus tard, dans les Deux-Sèvres, la même question revient autour d’une « bassine », à Sainte-Soline. Et la même violence, des deux côtés.




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ensemb © 2026, fait par Guillaume et Claude (IA)



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