Qui tient le volant ?
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Le mécanisme
Une association, mais pas comme les autres
La FFSA est née en 1952. C’est une association : elle réunit 337 clubs, appelés « associations sportives », selon le recensement du ministère des Sports pour 2024. Ce sont eux qui organisent les rallyes, les courses de côte, les épreuves sur circuit ou de karting. Ils sont regroupés en 21 ligues régionales du sport automobile. En 2025, l’Insee compte 48 787 licences annuelles, dont 13,5 % prises par des femmes.Ce qui la distingue d’une simple association, c’est l’État. Le ministre des Sports lui accorde un agrément, puis une délégation : pour chaque discipline, une seule fédération reçoit ce pouvoir. Elle édicte les règles techniques et de sécurité, délivre les licences sans lesquelles on ne court pas, organise les championnats et attribue les titres de champion de France. C’est un monopole, confié par le ministre, que le ministre peut reprendre.
Qui vote ?
Les licenciés ne votent pas eux-mêmes pour le président. Les statuts de la fédération, dans leur version de juin 2024, prévoient deux assemblées.- L’assemblée générale compte 42 membres : le président et un délégué de chacune des 21 ligues. Ils se partagent de 20 à 60 voix par ligue, selon le nombre de licenciés de leur région. C’est elle qui vote le budget, approuve les comptes, décide de la rémunération des dirigeants, et peut révoquer le comité directeur, à la majorité absolue de toutes ses voix.
- L’assemblée élective élit le comité directeur, en principe tous les quatre ans, après les Jeux olympiques d’été. Depuis la loi du 2 mars 2022, les clubs doivent y avoir au moins la moitié des voix : chaque président de club vote, avec 2 à 14 voix selon le nombre de ses licenciés ; les ligues se partagent l’autre moitié. Un détail venu de loin : les clubs d’outre-mer ont un barème plus généreux, 6 voix dès 10 licenciés.
La liste qui gagne prend tout
On ne vote pas pour une personne, mais pour une liste de 16 à 22 noms, avec en tête le candidat à la présidence. Il n’y a qu’un tour ; on ne peut ni rayer ni mélanger les noms, sous peine de bulletin nul ; et la liste qui obtient la majorité prend les 22 sièges du comité directeur. Sa tête de liste devient président.Pour conduire une liste, il faut avoir été dirigeant de la fédération ou d’une ligue pendant deux ans au cours des quatre dernières années, et être parrainé par trois ligues. Ces règles protègent de l’aventurier venu de nulle part ; elles favorisent aussi ceux qui sont déjà dans la maison. En 2020, la liste de Nicolas Deschaux obtient 702 voix sur 702 ; celle de son adversaire, aucune. En 2024, la liste de Pierre Gosselin, seule en lice, obtient 99,41 %.
Qui élit, qui contrôle
À gauche, la chaîne des votes, du licencié au président. À droite, ceux qui peuvent l’arrêter. Le contrôle le plus proche, l’assemblée générale, est aussi le plus intime : ses 42 membres dirigent les ligues, travaillent avec le président toute l’année, et dépendent de la fédération pour leurs calendriers et leurs épreuves.Qui contrôle ?
Au-dedans, l’assemblée générale : elle peut refuser un budget, une rémunération, et révoquer. Au-dehors, trois regards. Le ministère des Sports, qui accorde l’agrément, peut envoyer une inspection et retirer l’agrément ; depuis la loi de 2022, il en apprécie même « discrétionnairement » une des conditions, la capacité de la fédération à participer à la politique publique du sport. La justice, si un délit est soupçonné : tout fonctionnaire qui en a connaissance doit le signaler au procureur, c’est l’article 40 du Code de procédure pénale. Et le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui propose une conciliation quand un litige oppose des membres du mouvement sportif.Sur le papier, la révocation est l’arme la plus forte. Elle a déjà servi : le 16 novembre 2015, une assemblée révoquait le comité directeur de Nicolas Deschaux ; le 10 décembre, sa liste revenait en tête. En 2026, elle a emporté Pierre Gosselin. La même arme a donc servi deux fois, à dix ans d’écart.
On se teste ?
