Les mères de clan destituent les chefs
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Trois avertissements, puis les bois de cerf
Un chef qui n’écoute plus
Au nord-est de l’Amérique, entre les Grands Lacs et l’actuel État de New York, vivent des peuples qui se nomment eux-mêmes Haudenosaunee, « le peuple de la maison longue ». Les Français les appelaient les Iroquois.Imaginons un de leurs chefs, siégeant au grand conseil, qui commence à décider seul, à servir ses intérêts, à ne plus tenir compte de ceux qu’il représente. Ce ne sont ni des soldats ni des juges qui vont l’arrêter. Ce sont des femmes : les mères de clan.
La procédure
Selon la Grande Loi de la Paix, la constitution orale de la Confédération, la mère de clan qui a choisi ce chef vient l’avertir. Une fois. Deux fois. Trois fois, avec des témoins.S’il ne change pas, il est destitué : on lui retire ses bois de cerf, le symbole de sa charge. Les versions de la Grande Loi diffèrent sur qui prononce ce dernier geste, la mère de clan elle-même ou le conseil des hommes après ses avertissements. Mais toutes donnent aux mères de clan le pouvoir de choisir le chef et de lancer sa destitution. Ensuite, avec les femmes du clan, elle en choisit un autre.
Celles qui choisissent peuvent reprendre
Le chef parle au conseil, mais il tient sa place de celles qu’il représente, et il peut la perdre.
Une confédération de peuples
La Confédération réunit à l’origine cinq nations : Mohawks, Oneidas, Onondagas, Cayugas et Senecas, rejointes au début du XVIIIe siècle par les Tuscaroras. Selon leur tradition, elles se sont unies pour mettre fin à des guerres incessantes entre elles, à l’appel d’un personnage appelé le Pacificateur, aidé de Hiawatha.La date de cette union fait débat : entre le XIIe et le XVIe siècle selon les historiens. Une chose est sûre : quand les Européens arrivent, ils trouvent une confédération organisée, avec un conseil commun et des règles connues de tous, transmises oralement.
On se teste ?
