Un journal né contre la censure
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La guerre et le bourrage de crâne
1915, le bourrage de crâne
La France est en guerre depuis un an. Dans les tranchées, des centaines de milliers d’hommes sont déjà morts. Mais dans les journaux, tout va bien : les obus allemands n’explosent pas, les soldats sont joyeux, la victoire est pour bientôt. La censure militaire caviarde tout ce qui dérange. Les soldats appellent ça le « bourrage de crâne ».En septembre 1915, un journaliste, Maurice Maréchal, et sa femme Jeanne lancent un petit hebdomadaire satirique pour se moquer de ces mensonges. Ils l’appellent Le Canard enchaîné, en clin d’œil à L’Homme enchaîné, le journal de Clemenceau, lui-même rebaptisé ainsi après avoir été censuré.
Rire pour dire vrai
Le premier essai tourne court, mais le journal revient pour de bon en juillet 1916. Il se moque des généraux, des ministres, des profiteurs de guerre, en jouant au plus fin avec la censure : quand un article est coupé, il laisse un blanc, que les lecteurs savent lire.Un « canard », en argot, c’est un journal, souvent un journal qui raconte des bobards. Les Maréchal retournent l’insulte : leur canard, lui, dira ce que les autres cachent.
Pourquoi ce cours
AVENIR rappelle une idée simple : on domine toujours quelqu’un par ce dont il dépend. Parmi ces dépendances, il y a l’information. Celui qui contrôle ce que les gens savent contrôle ce qu’ils peuvent vouloir.Le Canard enchaîné est une expérience qui dure depuis plus d’un siècle, autour d’une question : comment un journal peut-il rester indépendant de ceux qu’il doit surveiller ?
On se teste ?
