Une information qui ne dépend de personne
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Et aujourd’hui ?
Les héritiers, et le contexte
D’autres médias ont choisi de vivre de leurs seuls lecteurs : des sites d’enquête financés par abonnement, des radios et des émissions soutenues par leurs auditeurs, comme Là-bas si j’y suis, continuée sur internet depuis 2014.Dans le même temps, une grande partie de la presse française appartient à une poignée de milliardaires. Une commission d’enquête du Sénat s’est penchée sur cette concentration en 2022. Et une part croissante de l’information passe par des réseaux sociaux dont les algorithmes appartiennent à quelques entreprises américaines ou chinoises.
Ce que le Canard nous apprend, et ce qu’il ne prouve pas
Ce qu’il nous apprend :
- l’information est une dépendance comme l’eau ou l’énergie : qui la contrôle domine ;
- un média peut rester indépendant s’il ne dépend que de ses lecteurs, et s’il a des réserves ;
- le rire est une arme contre le pouvoir, comme « insulter la viande » au Kalahari ;
- même un contre-pouvoir a besoin de contre-pouvoirs.
Ce qu’il ne prouve pas :
- que ce modèle marche pour tous : le Canard a profité d’une marque centenaire et d’un public fidèle ;
- qu’un journal indépendant est toujours juste : il peut se tromper, et être injuste avec ceux qu’il vise ;
- que l’indépendance financière suffit à l’intégrité interne.
On se teste ?
