Le contre-pouvoir et ses failles
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Ce qui coince
L’affaire dans l’affaire
En 2022, un journaliste du Canard, Christophe Nobili, porte plainte contre son propre journal. Il a découvert qu’une personne liée à un dessinateur de la maison aurait été payée pendant environ 25 ans pour un emploi qu’elle n’exerçait pas. Le préjudice est estimé à environ trois millions d’euros.Le parquet ouvre une enquête pour abus de biens sociaux. Nobili publie un livre en 2023. Un procès se tient en juillet 2025, avec d’anciens dirigeants du journal. La rédaction se déchire.
Pourquoi c’est une leçon
L’ironie est cruelle : le journal qui a révélé l’emploi de Penelope Fillon aurait abrité, en son sein, un emploi fictif. Mais l’affaire enseigne quelque chose d’important, et pas seulement sur le Canard :- l’indépendance vis-à-vis de l’extérieur ne protège pas des abus à l’intérieur ;
- un groupe qui se sent du bon côté peut oublier de se surveiller lui-même ;
- c’est un journaliste de la maison, un lanceur d’alerte interne, qui a fait éclater l’affaire : le contre-pouvoir a fonctionné, mais de l’intérieur, et au prix d’un conflit douloureux.
On se teste ?
