Une radio où tout le monde parle
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Une antenne ouverte
Le téléphone sonne
À La Réunion, quand une route est coupée, quand un proche a disparu, quand l’eau ne revient pas, il existe une radio où l’on peut le dire tout de suite, à toute l’île : Freedom.L’antenne est ouverte jour et nuit. Un standard de dix lignes reçoit les appels, et presque aucun filtre ne les arrête : l’auditeur doit seulement accepter que son numéro s’affiche. Un appel peut interrompre une émission pour signaler un accident ou raconter un fait divers. On y parle français, et beaucoup créole.
Une radio pas comme les autres
- Les annonces de décès, avec l’heure et le lieu de l’enterrement, passent trois fois par jour ;
- des émissions entières donnent la parole aux auditeurs : « Libre antenne », « Radio doléances », « Droit de parole », où une juriste, Aude Palant-Vergoz, répond en direct aux problèmes de chacun depuis la fin des années 1980 ;
- le 26 décembre 2004, le jour du tsunami de l’océan Indien, ce sont des auditeurs qui ont alerté le standard. Selon son fondateur, la radio aurait été le premier média à prévenir les autorités et la population.
Une île à l’écoute
Freedom est la radio la plus écoutée de l’île depuis les années 2000. Selon Médiamétrie, de septembre à novembre 2025, elle réunit 33,5 % de l’écoute, trois fois plus que la suivante (Exo, 11,3 %), et plus de trois fois plus que la radio publique Réunion La 1ère (10,1 %).Pourquoi ce cours ? Parce que Freedom est un cas presque unique : une radio où les auditeurs fabriquent eux-mêmes une bonne partie de l’information. C’est sa force. C’est aussi ce qui la rend fragile, et ce qui la rend puissante.
On se teste ?
