Fuir l’esclavage vers les sommets
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Une nuit, vers les hauts
Une nuit, vers les hauts
Imaginez une nuit sur la côte de l’île Bourbon, l’actuelle Réunion, au XVIIIe siècle. Un homme, ou une femme, quitte la case où dorment les esclaves d’une plantation. Pas de route, pas de lumière : seulement les ravines qui montent vers l’intérieur de l’île, vers des montagnes que les colons connaissent à peine.Il ou elle sait ce qui l’attend s’il est repris. Il part quand même. Dans la langue de l’époque, on dit qu’il « part marron ». Le mot viendrait de l’espagnol cimarrón, qui désignait les animaux domestiques retournés à l’état sauvage.
Dès le début
Le marronnage commence avec le peuplement lui-même. En 1663, les premiers occupants durables de l’île, deux Français et une dizaine de Malgaches, dont des femmes, s’installent près de Saint-Paul. Très vite, des Malgaches se révoltent et s’enfuient dans les montagnes : ce sont les premiers marrons.Ensuite, avec le café puis le sucre, l’île devient une colonie de plantations. Pendant près de deux siècles, des dizaines de milliers de personnes y sont déportées de Madagascar, d’Afrique de l’Est et d’Inde pour être réduites en esclavage. À certaines périodes, les esclaves sont la grande majorité des habitants.
Le prix de la fuite
Le Code noir, édit royal de 1685 pour les Antilles, a été adapté aux îles de Bourbon et de France en 1723, dans le même esprit, et il encadre l’esclavage dans l’île jusqu’en 1848. Pour le fugitif repris, l’édit de 1685 prévoit :- à la première fuite d’un mois, les oreilles coupées et une fleur de lys marquée au fer sur l’épaule ;
- à la deuxième, le jarret coupé ;
- à la troisième, la mort.
On se teste ?
