Traqués par les chasseurs
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La traque
Des chasseurs payés
Pour les colons, chaque marron est une perte et un exemple dangereux. Au XVIIIe siècle, l’administration organise des détachements de chasseurs, payés à la capture ou à la mort. Certains deviennent célèbres, comme François Mussard, dont les expéditions dans les montagnes sont restées dans la mémoire de l’île, côté colons comme côté descendants d’esclaves.Les récits de traque sont souvent atroces : marrons abattus, captifs ramenés pour être châtiés devant les autres esclaves. Une des légendes les plus connues raconte qu’une femme marronne, poursuivie, s’est jetée du haut d’une falaise plutôt que d’être reprise.
Une histoire racontée par l’autre camp
Il y a ici une difficulté qu’on retrouve partout dans AVENIR : ceux qui refusent laissent rarement des écrits. Les marrons ne tenaient pas d’archives. Ce que nous savons d’eux vient surtout :- des registres et des rapports des colons et des chasseurs, qui avaient intérêt à les décrire comme des bandits ;
- de la tradition orale, transmise par leurs descendants, avec ses embellissements ;
- et depuis peu de l’archéologie, qui ne ment pas mais ne dit pas tout.
Un bilan honnête
Le marronnage n’a pas renversé l’esclavage à Bourbon. Les grandes communautés des hauts ont été pourchassées et en grande partie détruites au XVIIIe siècle. Beaucoup de marrons sont morts de faim, de froid ou sous les balles.Mais il n’a jamais cessé. Jusqu’en 1848, des esclaves sont partis marron. Il a coûté cher au système, il l’a obligé à se surveiller en permanence, et surtout il a prouvé chaque jour que la servitude n’était pas acceptée.
On se teste ?
