Un plateau qui ouvre ses portes
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On frappe à la porte
On frappe à la porte
Hiver 1942, sur le plateau Vivarais-Lignon, en Haute-Loire, à un peu plus de 1 000 mètres d’altitude. Une femme de ferme entend frapper. Sur le seuil, une inconnue avec deux enfants, des papiers douteux, un accent étranger. Elle est juive, elle fuit les rafles.La paysanne ne pose pas de questions. Elle fait entrer, sert la soupe, prépare un lit. Et elle ne dénoncera jamais. Des scènes comme celle-ci se répètent des centaines de fois au Chambon-sur-Lignon et dans les villages voisins, entre 1941 et 1944.
Des milliers de vies
Selon Yad Vashem, l’institution israélienne qui honore ceux qui ont sauvé des Juifs pendant la Shoah, 3 000 à 5 000 Juifs ont été protégés sur le plateau pendant la guerre, ainsi que des réfugiés politiques et des réfractaires au travail obligatoire. Les chiffres exacts restent discutés : personne ne tenait de registre, et c’était justement le but.Les réfugiés sont cachés dans les fermes, dans des pensions, dans des maisons d’enfants. On leur fabrique de faux papiers. Quand une rafle s’annonce, on les fait passer dans les bois, ou vers la Suisse.
Pourquoi ce cours
Avec Milgram et Asch, AVENIR étudie les racines de la soumission : on obéit à l’autorité, on suit le groupe. Le Chambon est l’exemple inverse : une communauté où la désobéissance est devenue la norme.La question qui nous intéresse : qu’est-ce qui rend une désobéissance aussi massive possible, chez des gens ordinaires, sans armes ?
On se teste ?
