Pas un village de saints
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Ce qu’il faut savoir
Tous n’ont pas été sauvés
La protection du plateau n’était pas totale. En juin 1943, la Gestapo fait une rafle dans une maison d’enfants, la maison des Roches. Des jeunes sont arrêtés et déportés. Leur responsable, Daniel Trocmé, cousin du pasteur, refuse de les abandonner : il est déporté à son tour et meurt au camp de Majdanek, en Pologne, en 1944.D’autres réfugiés ont été arrêtés sur le plateau ou en le quittant. Le refuge sauvait beaucoup de vies, pas toutes.
Le mythe du village unanime
Après la guerre, l’histoire du Chambon devient une belle légende : un village entier, uni derrière ses pasteurs, contre le mal. Des historiens ont nuancé ce récit :- le sauvetage concerne tout un plateau, pas un seul village, et des dizaines d’acteurs, pas seulement les deux pasteurs ;
- il doit beaucoup à des organisations extérieures, et à l’argent qui finançait les maisons d’enfants ;
- tous les habitants n’étaient pas des sauveteurs : beaucoup se sont simplement tus, et c’était déjà énorme.
La reconnaissance
Plusieurs dizaines d’habitants du plateau ont été reconnus individuellement comme Justes parmi les nations, dont André et Magda Trocmé, Édouard et Mildred Theis, Daniel Trocmé. En 1990, Yad Vashem décerne un diplôme d’honneur à l’ensemble des habitants du Chambon et des villages voisins : une reconnaissance collective rarissime, partagée avec un seul autre village au monde, Nieuwlande, aux Pays-Bas.On se teste ?
