La ligne que tout le monde voit
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Une question trop facile
Un test de vision
Au début des années 1950, aux États-Unis, le psychologue Solomon Asch invite des étudiants à un prétendu test de perception. Autour d’une table, sept ou huit jeunes gens. On leur montre deux cartes : sur la première, une ligne ; sur la seconde, trois lignes de longueurs différentes. Question : laquelle des trois a la même longueur que la première ?La réponse saute aux yeux. Seul, presque personne ne se trompe.Un seul vrai participant
Ce que le vrai participant ignore : tous les autres autour de la table sont des complices d’Asch. Il est placé de façon à répondre parmi les derniers.Aux premiers tours, tout le monde donne la bonne réponse. Puis, à un tour donné, le premier complice annonce calmement une réponse manifestement fausse. Le deuxième dit la même chose. Le troisième aussi. Tous, l’un après l’autre.
Vient le tour du participant. Il voit la bonne ligne. Mais tout le monde vient de dire l’inverse.
La question d’Asch
Stanley Milgram, qui a travaillé avec lui, étudiera plus tard l’obéissance à un ordre. Asch étudie quelque chose de plus discret : la pression d’un groupe, sans ordre, sans menace, sans récompense. Personne ne demande au participant de mentir. Il suffit que les autres soient d’accord entre eux.C’est l’une des racines de la soumission que La Boétie avait déjà repérées au XVIe siècle : on se plie souvent non par peur, mais pour ne pas se distinguer.
On se teste ?
