Le dictateur qui a perdu un vote
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Un vote piège
Quinze ans de dictature
En 1988, le général Augusto Pinochet dirige le Chili depuis quinze ans, depuis le coup d’État de 1973. Opposants assassinés, disparus, torturés, exilés : la peur est partout.Mais le régime veut aussi paraître légitime. La Constitution qu’il a fait adopter en 1980 prévoit un plébiscite : en 1988, les Chiliens devront dire « Oui » ou « Non » à un nouveau mandat de huit ans pour Pinochet, seul candidat proposé.
Un vote piège ?
Pour l’opposition, la question est terrible. Faut-il participer à un vote organisé par la dictature, avec ses règles, sa télévision, sa police ? Ou le boycotter, au risque de laisser Pinochet gagner sans combat ?Beaucoup pensent que le vote sera truqué, ou que le régime ne reconnaîtra jamais une défaite. Après de longs débats, la plupart des partis d’opposition, de la gauche au centre, décident de s’unir et de jouer le jeu : inciter les Chiliens à s’inscrire sur les listes électorales, et à voter « Non ».
Pourquoi ce cours
Avec le Chili de 1973, nous avons vu comment une démocratie peut tomber. Ce cours raconte l’inverse : comment une dictature peut sortir de scène sans guerre, par un vote qu’elle croyait gagné d’avance.C’est un exemple précieux pour la question qui traverse AVENIR : peut-on tout changer sans catastrophe ?
On se teste ?
