La joie contre la peur
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La campagne
Quelques minutes de télévision
Pour la première fois depuis quinze ans, l’opposition obtient le droit de parler à la télévision : chaque camp dispose chaque soir d’un court espace d’antenne, pendant les semaines qui précèdent le vote. Tard le soir, au début, quand on pense que personne ne regardera.Les Chiliens regardent. Ils découvrent à l’écran des opposants qu’on ne voyait jamais, des mères de disparus, des artistes interdits.
Le choix de la joie
Dans le camp du Non, un débat déchire les équipes : faut-il montrer les crimes de la dictature, les tortures, les disparus ? Ou parler d’avenir ?Les publicitaires et les sociologues de la campagne font un pari : les Chiliens ont peur, et la peur paralyse. Montrer encore l’horreur risque de les enfermer dans cette peur. Ils choisissent donc la joie :
- un arc-en-ciel pour symbole, une couleur par parti de la coalition ;
- un slogan, « Chili, la joie arrive » ;
- une chanson entraînante, des gens ordinaires qui sourient, dansent, s’embrassent ;
- et, à côté, des témoignages dignes sur la répression.
Donner envie plutôt que faire peur
La même méthode que Bernays, mise au service de la liberté.
On se teste ?
