Comment on désobéit ensemble
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Comment ça marchait
Des pasteurs et une mémoire
Le Chambon est un village majoritairement protestant. Ses habitants descendent de huguenots persécutés pendant des siècles, après la révocation de l’édit de Nantes en 1685 : leurs ancêtres avaient dû se cacher, prier en secret, fuir. Cette mémoire de la persécution rend les réfugiés familiers.Les deux pasteurs du village, André Trocmé et Édouard Theis, sont pacifistes. Dès la défaite de 1940, ils prêchent une résistance non violente : on ne prend pas les armes, mais on ne collabore pas avec le mal, et on protège ceux qui sont menacés.
« Nous ne connaissons que des hommes »
En août 1942, un ministre de Vichy vient en visite officielle. Des élèves de l’école lui remettent une lettre où ils disent refuser de livrer leurs camarades juifs. Peu après, quand le préfet exige la liste des Juifs du village, la réponse qu’on rapporte le plus souvent est restée célèbre : nous ne savons pas ce qu’est un Juif, nous ne connaissons que des hommes.En février 1943, André Trocmé, Édouard Theis et l’instituteur Roger Darcissac sont arrêtés et internés dans un camp près de Limoges. On leur propose de les libérer s’ils signent un engagement d’obéissance au maréchal Pétain. Ils refusent. Ils seront pourtant relâchés quelques semaines plus tard.
Un réseau, pas des héros isolés
La désobéissance du plateau n’est pas l’œuvre de quelques héros. Elle repose sur une chaîne :- des organisations d’aide, protestantes, juives, quakers, suisses, qui financent des maisons d’enfants et orientent les réfugiés vers le plateau ;
- des faussaires qui fabriquent des papiers ;
- des familles qui hébergent, souvent sans savoir qui est caché chez le voisin ;
- et surtout un silence partagé : personne ne dénonce, ce qui est peut-être le plus rare.
On se teste ?
