Vivre libre dans les cirques
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Survivre libre
Petit et grand marronnage
Tous les marrons ne partent pas pour toujours. Les historiens distinguent :- le petit marronnage : quelques jours ou quelques semaines d’absence, pour fuir un maître violent, retrouver un proche sur une autre plantation, souffler ;
- le grand marronnage : la fuite définitive vers l’intérieur de l’île, pour vivre libre, souvent en groupe.
La Vallée secrète
Pendant longtemps, on n’a connu les marrons que par les écrits des colons et par la tradition orale. L’archéologie a changé cela.Dans le cirque de Cilaos, vers 2 000 mètres d’altitude, un site resté intact, surnommé la « Vallée secrète », a été fouillé en 2011 et 2012. On y a trouvé des abris adossés à la falaise, avec de petits murs de pierre et un foyer au centre.
- Les marrons y mangeaient surtout de jeunes pétrels, des oiseaux de mer qui nichent dans les montagnes, et aussi du porc et des cabris retournés à l’état sauvage.
- Les pétrels n’étant là qu’en début d’année, le camp était sans doute saisonnier : on se déplaçait avec les ressources.
- Une pipe en terre a été datée du début du XIXe siècle, avant l’abolition.
Des communautés
Les marrons ne vivaient pas seulement en solitaires. Les récits parlent de groupes organisés, avec des chefs, des femmes et des enfants, des guetteurs, des camps qu’on déplaçait quand ils étaient repérés, des contacts avec certains esclaves restés en bas.La tradition réunionnaise a gardé les noms de plusieurs chefs marrons : Mafate, Cimandef, Dimitile, Anchaing, et de femmes comme Héva. Il faut le dire honnêtement : on sait très peu de choses vérifiables sur eux, et leur histoire est un mélange de faits, de récits de colons et de légendes. Mais leurs noms sont aujourd’hui ceux de cirques, de pitons et de sommets.
On se teste ?
