Un succès qu’on ne sait pas refaire
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Et aujourd’hui ?
Octobre 2026
En 2025, la NASA et la NOAA classent le trou au-dessus de l’Antarctique au cinquième rang des plus petits depuis 1992 ; selon Copernicus, il se referme le 1er décembre, le plus tôt depuis 2019. En 2026, il repart plus vite : environ 25 millions de km² le 12 septembre, presque deux fois la surface de l’Antarctique et environ 5 millions de plus que la moyenne, parce que la stratosphère est très froide. Ses autres indicateurs restent proches de la moyenne, et la directrice de Copernicus Atmosphère, Laurence Rouil, rappelle que le trou peut varier beaucoup d’une année à l’autre.Les remplaçants ont leur propre accord : l’amendement de Kigali, adopté en 2016 et en vigueur depuis 2019, réduit les HFC de plus de 80 % en trente ans ; il éviterait de 0,3 à 0,5 °C de réchauffement d’ici 2100. Et votre réfrigérateur a changé : l’Union européenne interdit les HFC les plus réchauffants dans les réfrigérateurs domestiques depuis 2015, puis tous les gaz fluorés depuis le 1er janvier 2026, sauf exigence de sécurité. Regardez la plaque à l’arrière : bien souvent, il est écrit R600a, de l’isobutane, la solution du Greenfreeze. En Allemagne, presque tous les réfrigérateurs neufs l’utilisaient déjà en 2001, selon le GIEC.
Pourquoi le climat n’est pas l’ozone
En 2010, Jonathan Shanklin explique la réussite par le public : les preuves étaient claires, le trou faisait peur, le lien avec le cancer était compris, et « personne ne leur disait de changer radicalement leur façon de vivre ». On changeait de gaz, pas de vie. Pour le climat, écrit-il, on a l’impression qu’il faudrait abandonner la voiture et bouleverser sa vie, et la résistance n’a rien d’étonnant.Maxwell et Briscoe concluaient déjà en 1997 que Montréal avait réussi parce que trois choses s’étaient rencontrées : des valeurs politiques, une science solide et des intérêts économiques. Pour le CO2, les émetteurs se comptent en milliards, et l’énergie est au cœur de toute l’économie. D’autres répondent, comme Petteri Taalas, que le succès de l’ozone « montre ce qui peut et doit être fait ».
Ce que cette histoire nous apprend, et ce qu’elle ne prouve pas
Ce qu’elle nous apprend :
- une mesure patiente, qu’on a failli supprimer faute de résultats, peut changer le monde : sans relevés, ni trou ni triche ;
- on peut changer avant la catastrophe, quand la science est claire, qu’une solution existe et que quelqu’un y gagne ;
- un traité qui commence petit mais se resserre vaut mieux qu’un grand traité figé ;
- les plus pauvres signent quand on leur laisse du temps et qu’on paie leur part ;
- un petit, une usine qu’on allait fermer et une ONG, peut montrer qu’un gros avait tort.
Ce qu’elle ne prouve pas :
- que les industriels sont des alliés naturels : ils ont douté douze ans, et n’ont changé qu’avec des remplaçants à vendre ;
- que le problème est réglé : le trou se refermera vers 2066, si tout le monde continue de respecter le traité ;
- qu’on réglera le climat de la même façon ;
- que les cancers évités sont des faits comptés : ce sont des calculs sur un monde qui n’a pas eu lieu.
On se teste ?
