Un gaz parfait, un traité qui serre
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Le mécanisme
Le gaz parfait
Les CFC, ou chlorofluorocarbures (les « fréons »), sont inventés dans les années 1920, dans les laboratoires de General Motors, pour les réfrigérateurs : ils ne sont pas toxiques, ne brûlent pas et ne coûtent presque rien. On en met ensuite partout : bombes aérosols, climatiseurs, mousses isolantes, nettoyage des circuits électroniques. Au milieu des années 1970, l’américain DuPont détient près d’un quart des capacités de production du monde ; la française Atochem est, selon le gouvernement français en 1988, le « deuxième producteur mondial ».En juin 1974, deux chimistes de Californie, Mario Molina et Sherwood Rowland, publient dans Nature le revers de cette perfection : si stables, ces gaz peuvent rester dans l’air de 40 à 150 ans. Ils montent jusqu’à la couche d’ozone, où les ultraviolets les cassent et libèrent leur chlore. Et un seul atome de chlore peut détruire plus de 100 000 molécules d’ozone, selon l’agence américaine de l’environnement. Rowland racontera : « Je suis rentré un soir et ma femme m’a demandé comment avançait le travail. J’ai dit : ça avance très bien, sauf qu’on dirait que c’est peut-être la fin du monde. »
Un traité qui se resserre
En mars 1985, à Vienne, les pays signent une convention qui promet de chercher et de coopérer, sans aucune baisse chiffrée : deux mois avant l’article de Halley. Le traité de Montréal, signé le 16 septembre 1987, neuf mois après l’ouverture des vraies négociations, fixe un premier pas : réduire de moitié cinq CFC d’ici 1999. Puis il se revoit à chaque nouvelle évaluation scientifique. Dans « L’exception qui reste », le cliquet tournait dans le sens des pouvoirs ; ici, il serre dans le sens de la protection.Le bâton, le délai et l’argent
Trois pièces font tenir le traité :- le bâton : depuis le 1er janvier 1990, chaque pays signataire doit interdire l’importation de ces gaz depuis un pays qui n’a pas signé ; rester dehors devient coûteux ;
- le délai : un pays en développement qui consomme moins de 0,3 kilo par habitant et par an peut appliquer les règles dix ans plus tard ;
- l’argent : à Londres, en 1990, les pays riches créent un fonds qui paie la transition des autres. Depuis 1991, il a reçu plus de 5 milliards de dollars de promesses et financé plus de 10 000 projets dans 144 pays.
On se teste ?
