Une question au Palais du Peuple
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Une question à Pékin
14 mai 2026, Pékin
Le 13 mai 2026, Donald Trump arrive en Chine pour une visite d’État de trois jours, la première de son second mandat. Le lendemain matin, Xi Jinping l’accueille au Grand Palais du Peuple, et les deux présidents se parlent pendant deux heures.D’après le compte rendu officiel publié par le ministère chinois des Affaires étrangères, Xi pose une question : « Alors que les grands changements du siècle s’accélèrent et que la situation internationale se brouille, la Chine et les États-Unis peuvent-ils franchir le piège de Thucydide, et ouvrir un nouveau modèle de relations entre grandes puissances ? » Puis : « Ce sont des questions de l’histoire, du monde et des peuples. »
Selon le même compte rendu, Trump répond que les États-Unis et la Chine sont « les pays les plus importants et les plus puissants du monde », et que leur coopération peut faire « beaucoup de grandes et bonnes choses ». Les deux présidents s’accordent sur une formule : une « relation de stabilité stratégique constructive ». Et Xi prévient : Taïwan est « la question la plus importante » entre les deux pays ; mal gérée, elle peut les mener « au heurt, voire au conflit ».
Un nom grec, inventé à Harvard
Thucydide est un général et historien athénien du Ve siècle avant notre ère. L’expression « piège de Thucydide », elle, n’est pas grecque : elle a été lancée en 2015 par un politologue américain de l’université Harvard, Graham Allison.Xi Jinping s’en sert depuis des années, et pas toujours de la même façon :
- en septembre 2015, à Seattle : « Il n’existe pas de piège de Thucydide dans le monde. Mais si les grandes puissances commettent encore et encore des erreurs de calcul stratégique, elles pourraient s’en créer elles-mêmes » ;
- en novembre 2024, à Lima, face à Joe Biden : « Le piège de Thucydide n’est pas une fatalité historique », « une nouvelle guerre froide ne doit pas être menée et ne peut pas être gagnée », et vouloir « contenir la Chine » est « imprudent, inacceptable et voué à l’échec » ;
- en mai 2026, face à Donald Trump : la question.
Pourquoi cette histoire
Un empire monte, un autre est en place. La guerre entre eux est-elle écrite d’avance ?La question ne regarde pas que Pékin et Washington. Nos téléphones, nos panneaux solaires et une bonne part de ce que nous achetons dépendent de l’un ou de l’autre, souvent des deux. Et le fil rouge d’ensemb, c’est justement de chercher comment tout peut changer sans passer par la guerre.
Pour y répondre, il faut remonter vingt-quatre siècles en arrière, à Athènes.
On se teste ?
