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Le relais passé sans guerre

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Ce que ça a donné

1895, le Venezuela

À la fin du XIXe siècle, l’économie des États-Unis dépasse celle du Royaume-Uni, la première puissance du monde. En 1895, Londres et le Venezuela se disputent la frontière de la Guyane britannique. Le président américain Grover Cleveland et son secrétaire d’État Richard Olney invoquent la doctrine Monroe : pas d’Européens qui s’agrandissent en Amérique. Cleveland promet de s’y opposer « par tous les moyens ».

Londres choisit de négocier. En 1896, on s’entend sur un arbitrage ; en 1899, il donne à la Grande-Bretagne environ 90 % du territoire disputé. Il n’y a pas eu un coup de feu.




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Céder ici pour tenir ailleurs

Dans les années qui suivent, Londres lâche du terrain en Amérique :
  • en 1898, il reste neutre pendant la guerre entre les États-Unis et l’Espagne ;
  • en 1901, par le traité Hay-Pauncefote, il renonce à s’opposer à un canal contrôlé par les Américains : ce sera Panama ;
  • en 1903, il règle la frontière entre le Canada et l’Alaska.
Pourquoi ? Les historiens citent plusieurs raisons : le Royaume-Uni regarde vers l’Allemagne, dont la flotte grandit ; les milieux d’affaires des deux pays ne veulent pas de guerre ; leurs monnaies et leurs prêts se rapprochent. La puissance en place a cédé là où ce n’était pas vital pour elle, et la puissance montante n’a pas cherché à l’étrangler.




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Et la guerre froide ?

Entre les États-Unis et l’Union soviétique, il n’y a jamais eu de guerre directe. La bombe atomique, des deux côtés, rendait le prix trop lourd ; en octobre 1962, avec les missiles de Cuba, on est passé tout près.

Mais la guerre a eu lieu ailleurs, faite par d’autres : en Corée, au Vietnam, en Afghanistan, et dans des pays où l’on a aidé à renverser un gouvernement, comme au Chili en 1973. « Pas de guerre » entre les deux grands ne voulait pas dire la paix pour tout le monde.




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Pourquoi s’en méfier

  • les seize cas ont été choisis par l’équipe d’Allison. Son collègue de Harvard Joseph Nye jugeait ces chiffres peu sûrs, faute de savoir ce qui compte comme un « cas » ;
  • 1914 n’oppose pas seulement deux puissances : l’historien Neville Morley, de l’université d’Exeter, juge douteux de ramener tant de guerres à un face-à-face ;
  • Thucydide n’a pas écrit « inévitable ». La traduction anglaise devenue célèbre (« c’est la montée d’Athènes et la peur qu’elle inspira à Sparte qui rendirent la guerre inévitable ») est très libre ; le texte dit « contraignit », et l’on peut se demander si les Spartiates étaient contraints, ou se sentaient contraints ;
  • beaucoup de spécialistes de la Grèce antique contestent cet usage moderne de Thucydide ;
  • seize cas ne font pas une loi : ils montrent un danger, pas un destin. Allison le dit lui-même.




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Écrite le 24 / 10 / 2026
Histoire lue 44 fois
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