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Qui a payé la note du Rhin ?

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Ce qui coince

Qui a payé ?

Selon swissinfo, Sandoz a versé 43 millions de francs à la Suisse et aux pays du Rhin (France, Allemagne, Pays-Bas), et 10 millions à un fonds de recherche écologique sur le fleuve. Côté justice, toujours selon swissinfo, seuls deux pompiers ont été jugés coupables de la pollution, à cause de l’eau d’extinction, et « aucun cadre de Sandoz n’a eu de comptes à rendre ».

Le gros de la facture est ailleurs : sur les 13 milliards d’euros du programme, 9 milliards sont allés aux stations d’épuration, celles des villes, payées par les collectivités et leurs usagers, et celles des usines. Les 53 millions de francs de Sandoz pèsent peu à côté. Et sur le site de l’incendie, il reste quelques centaines de kilos d’un fongicide, l’oxadixyl, à des concentrations faibles dans la nappe selon l’Office fédéral de l’environnement ; en 2011, un expert cité par swissinfo jugeait « inacceptable » l’analyse rassurante du canton.




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Pour ceux qui y voient un modèle

  • en onze mois, les pays du Rhin adoptent un programme commun et chiffré, quand la convention sur les sels avait mis neuf ans à entrer en vigueur ;
  • les objectifs sont atteints pour l’essentiel, et parfois en avance ; le Rhin redevient une source d’eau potable ;
  • la CIPR reçoit l’European Riverprize en 2013 et l’International Thiess Riverprize en 2014 ; ses méthodes inspirent d’autres fleuves ;
  • la surveillance est devenue commune : la station de Weil am Rhein est gérée par la Suisse et le Bade-Wurtemberg, celle de Bimmen-Lobith par la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et les Pays-Bas.




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Pour ceux qui rappellent ce qui coince

  • il a fallu un désastre : la CIPR existait depuis trente-six ans, et les objectifs chiffrés ne sont venus qu’après les anguilles mortes ;
  • le saumon dépend encore du repeuplement, et ses peuplements régressent, selon la CIPR elle-même ; il reste beaucoup à faire, écrivait-elle dès 2016 ;
  • les barrages : les deux grandes passes à poissons de Rhinau et de Marckolsheim coûtent 80 millions d’euros, payés par l’État français, et celle de Vogelgrun n’a pas de date ;
  • une pollution chasse l’autre : les rejets d’usine ont fondu, mais des résidus de médicaments, de produits de contraste et de pesticides passent encore les stations d’épuration.




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Pouvoir et dépendance

Le plan d’ensemb dit qu’on domine par ce dont l’autre dépend. Sur un fleuve, l’aval dépend de l’amont. Les Pays-Bas, qui boivent le Rhin, n’avaient que des traités et des tribunaux pour obliger ceux d’en haut, et ils avançaient au pas. Le choc de Sandoz a changé le rapport de force : des anguilles mortes sur 400 kilomètres, de la bière arrêtée à Düsseldorf et une industrie chimique soucieuse de son image ont fait en onze mois ce que la raison n’avait pas obtenu.

Comme pour l’ozone, la réussite est venue quand plusieurs intérêts se sont alignés. Comme au Tribunal des eaux de Valence, elle tient par une règle commune et une surveillance partagée, pas par la bonne volonté de chacun.




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