Ce qu’on jette en amont, on le boit
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Le mécanisme
Ceux d’en haut, ceux d’en bas
Le Rhin descend des Alpes suisses jusqu’à la mer du Nord ; son bassin touche neuf pays et compte environ 60 millions d’habitants. Selon la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR), 30 millions d’entre eux boivent de l’eau du Rhin traitée, souvent filtrée par les berges. Ceux d’en haut rejettent, ceux d’en bas boivent : en aval, on dépend de ce que font les autres en amont.Des traités qui dormaient
Les pays du Rhin coopèrent depuis longtemps : la CIPR est fondée le 11 juillet 1950. Mais les traités avancent au pas. Exemple : les mines de potasse d’Alsace rejettent leurs sels dans le fleuve. Une convention pour les réduire est signée à Bonn le 3 décembre 1976. Elle prévoyait d’abord de réinjecter le sel dans le sous-sol alsacien, ce que la population alsacienne refuse ; on se rabat sur des terrils de sel, et la convention n’entre en vigueur qu’en 1985, neuf ans plus tard. Pendant ce temps, le saumon a disparu du Rhin depuis des décennies, et les usines n’ont en général même pas de bassin pour retenir l’eau des pompiers en cas d’incendie.Le programme d’après
Le Programme d’action Rhin du 1er octobre 1987 change la méthode :- des chiffres : réduire de moitié les rejets d’une quarantaine de substances, et de 70 % ceux des métaux lourds, entre 1985 et 1995 ; c’est le premier programme du Rhin avec des objectifs mesurables ;
- chacun ses moyens : le programme fixe le but, chaque pays choisit ses mesures ;
- des comptes publics : la CIPR publie régulièrement les progrès et les retards ;
- la sécurité : dès 1988, les ministres demandent des bassins de rétention de l’eau d’extinction, des stockages séparés et des alertes ;
- un symbole : le saumon, qui ne revient que si toute la chaîne va bien, de l’eau propre aux barrages franchissables.
On se teste ?
