Du port au rayon, un même groupe
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Le mécanisme
Une île au bout de la chaîne
En 2022, l’Insee a comparé les prix : à La Réunion, ils dépassent ceux de la France hexagonale de 9 % en moyenne, et de 37 % pour l’alimentation. Aux Antilles, l’écart pour l’alimentation atteint 40 à 42 %.Les raisons sont connues :
- les frais d’approche : le bateau, l’assurance, le port, le stockage ;
- l’octroi de mer, une taxe sur les marchandises qui entrent dans l’île, qui finance les communes et la Région ;
- un petit marché, où l’on commande moins et où l’on stocke plus longtemps ;
- beaucoup d’intermédiaires : une dizaine outre-mer, contre deux ou trois dans l’Hexagone, selon le président de l’Observatoire des prix de La Réunion, entendu par le Sénat.
Un groupe à plusieurs étages
Le Groupe Bernard Hayot est né en Martinique en 1960. C’est aujourd’hui le premier employeur privé des outre-mer : environ 18 000 salariés, près de 300 sociétés, plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Son premier territoire n’est pas la Martinique, mais La Réunion : 35 % de son chiffre d’affaires.Ce qu’il vend, d’après le groupe lui-même :
- la moitié : hypermarchés et magasins (Carrefour, Mr Bricolage, Decathlon…) ;
- 35 % : l’automobile (Renault, Dacia, Toyota, Hyundai, marques Volkswagen…), la location, les pneus ;
- le reste : le rhum (Clément, J.M), l’agroalimentaire, le béton et les carrières.
Ce que surveille l’Autorité de la concurrence
Être à plusieurs étages n’est pas interdit. Le risque que surveille l’Autorité de la concurrence s’appelle le verrouillage : un groupe qui fabrique pourrait mal servir les magasins concurrents des siens.En 2013, quand GBH rachète un hypermarché de Saint-Pierre, l’Autorité pose la question pour les yaourts de la Sorelait. Sa réponse : la Sorelait n’en aurait ni les moyens ni l’intérêt, car la Cilam est plus grosse, et GBH tiendrait alors 11,4 % des surfaces de vente de l’île, rachat compris. Le rachat est autorisé.
Mais en février 2026, à propos de la Martinique, la même Autorité regrette de manquer d’informations sur les groupes intégrés : on voit mal comment ils répartissent leurs résultats entre leurs sociétés, et il est difficile de savoir qui gagne quoi à chaque étage.
On se teste ?
