Manger est un droit
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Une ville qui a faim
Midi, au restaurant populaire
Une femme de ménage, un retraité, un étudiant et un ouvrier du bâtiment font la queue ensemble, à midi, dans une grande salle claire du centre de Belo Horizonte, au Brésil. Au menu : riz, haricots, viande, légumes, salade, un fruit. Un vrai repas équilibré.Ils paient une somme modique : aujourd’hui 3 réais, environ 30 % de ce que coûte le repas, la ville payant le reste. Personne ne leur demande de prouver qu’ils sont pauvres. C’est un restaurant populaire, ouvert à tous.
Le point de départ
Retour en 1993. Belo Horizonte est une grande ville de plus de deux millions d’habitants. Selon les chiffres de l’époque, environ 38 % des familles vivent sous le seuil de pauvreté, et près de 18 % des enfants de moins de trois ans souffrent de malnutrition.Ce n’est pas que la nourriture manque au Brésil, grand pays agricole. C’est que les plus pauvres n’y ont pas accès : trop chère, trop loin, aux mains d’intermédiaires qui prennent leur marge à chaque étape.
Un changement d’idée
Cette année-là, le nouveau maire, Patrus Ananias, du Parti des travailleurs, crée un service municipal consacré à l’approvisionnement et à la sécurité alimentaire. Son idée de départ change tout : se nourrir correctement n’est pas une affaire de charité, c’est un droit de chaque habitant. Et si c’est un droit, la ville a le devoir d’organiser l’accès à la nourriture, comme elle organise l’accès à l’eau ou à l’école.Pas une aumône, un droit
On ne remercie pas pour un droit : on l’exerce, la tête haute.
On se teste ?
