Le jour où les pommes de terre ont noirci
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Les champs pourrissent
Automne 1845
Dans l’ouest de l’Irlande, une famille de paysans arrache ses pommes de terre. Les feuilles ont noirci en quelques jours ; sous terre, les tubercules sont devenus une bouillie noire et puante. Une maladie inconnue, le mildiou, venue d’Amérique, ravage les champs de tout le pays.Pour cette famille, c’est une catastrophe absolue. Comme des millions d’Irlandais pauvres, elle ne mange presque rien d’autre que des pommes de terre, matin, midi et soir.
Des années de catastrophe
La première année, entre un tiers et la moitié de la récolte est perdue. En 1846, ce sont environ les trois quarts. Le mildiou revient plusieurs années de suite.Entre 1845 et 1852, environ un million d’Irlandais meurent de faim et des maladies qui l’accompagnent, typhus, dysenterie, choléra. Un à deux millions d’autres émigrent, vers l’Amérique, l’Angleterre, l’Australie, entassés dans des navires si meurtriers qu’on les appelle des « navires-cercueils ». L’Irlande perd environ un quart de sa population.
Pourquoi ce cours
On pourrait croire à une catastrophe naturelle : une maladie, des récoltes perdues, la faim. Mais la même maladie a frappé d’autres pays d’Europe, sans les ravager ainsi.Ce qui a fait de l’Irlande une tragédie, c’est une dépendance totale à un seul aliment, la façon dont la terre était possédée, et les choix de ceux qui gouvernaient. C’est ce que ce cours raconte.
On se teste ?
