La nourriture partait, le peuple mourait
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Ce que le pouvoir a fait
Les premiers secours
Au début, le gouvernement britannique de Robert Peel achète du maïs en Amérique pour le revendre à bas prix, et organise des travaux publics pour que les affamés gagnent de quoi acheter à manger : des routes, parfois des routes qui ne mènent nulle part. Des affamés cassent des cailloux pour un salaire de misère, en plein hiver.En 1847, devant l’ampleur de la catastrophe, des soupes populaires sont ouvertes dans tout le pays et nourrissent des millions de personnes. Elles sont fermées quelques mois plus tard.
Le laisser-faire
Le nouveau gouvernement, et surtout le haut fonctionnaire chargé des secours, Charles Trevelyan, croient profondément au laisser-faire : l’État ne doit pas perturber le commerce, et l’aide rend les pauvres dépendants. Trevelyan voit même dans la famine une sorte de leçon de la Providence.Le coût des secours est mis à la charge des propriétaires irlandais, dont beaucoup réagissent en expulsant leurs locataires. Une règle oblige ceux qui demandent de l’aide à renoncer à leur terre. Des centaines de milliers de familles se retrouvent sur les routes.
La nourriture partait
Le plus révoltant, pour les Irlandais, est ailleurs : pendant toute la famine, l’Irlande continue d’exporter de la nourriture vers l’Angleterre, du blé, du bétail, du beurre. Des convois chargés de grain, escortés par des soldats, traversent des régions où l’on meurt de faim.On retrouve la leçon d’Amartya Sen sur le Bengale : la famine ne vient pas seulement du manque de nourriture, mais de qui a le droit d’y accéder. La nourriture existait ; ceux qui la cultivaient n’avaient pas le droit de la garder.
On se teste ?
