Négligence ou crime ?
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Ce qui fait débat
Le mot qui divise
Certains Irlandais, et quelques auteurs, parlent de génocide : une puissance coloniale aurait laissé mourir un peuple dont elle se méfiait. La plupart des historiens ne retiennent pas ce terme, faute d’une volonté délibérée d’exterminer. Ils parlent plutôt d’une faute politique immense, aggravée par le mépris envers les Irlandais.Les historiens discutent aussi l’ampleur des exportations : elles étaient réelles, mais auraient-elles suffi à nourrir tout le monde ? Les avis divergent. Ce qui fait consensus, c’est que des secours plus massifs et plus durables auraient sauvé un très grand nombre de vies.
Une idéologie qui tue
La leçon la plus forte du débat est peut-être celle-ci : la plupart des responsables n’étaient pas des monstres. Ils étaient convaincus que le marché réglerait tout, que l’aide encourageait la paresse, et que l’Irlande devait se moderniser, quitte à souffrir.On retrouve ce qu’on a vu avec Milgram : on fait le mal plus facilement quand on croit servir une bonne cause, ici une doctrine économique. Et on retrouve le Bengale : ceux qui décidaient ne rendaient aucun compte à ceux qui mouraient.
On se teste ?
