Un peuple suspendu à un tubercule
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La dépendance
La terre aux mains d’autres
Au milieu du XIXe siècle, l’Irlande fait partie du Royaume-Uni. La plupart des terres appartiennent à de grands propriétaires, souvent protestants, parfois installés en Angleterre, qui ne voient jamais leurs domaines. Les paysans irlandais, catholiques pour la plupart, ne possèdent pas leur terre : ils la louent, par des baux précaires, et peuvent être expulsés à tout moment.Pour payer le loyer, le paysan cultive du blé et élève du bétail, qui partent au propriétaire et souvent vers l’Angleterre. Pour se nourrir, il ne lui reste qu’un minuscule lopin où il plante ce qui nourrit le plus sur le moins de terre : la pomme de terre.Une dépendance absolue
La pomme de terre a été une bénédiction : nourrissante, facile à cultiver, elle a permis à la population irlandaise de grimper à plus de huit millions d’habitants. Mais elle a enfermé les plus pauvres dans une dépendance totale à une seule récolte, d’une seule variété, sans réserve ni argent pour acheter autre chose.Relisez la règle d’AVENIR : on domine toujours quelqu’un par ce dont il dépend. Le paysan irlandais dépendait doublement : de la terre, possédée par d’autres, et d’un aliment unique. Quand le mildiou a frappé, il n’avait plus rien.
On se teste ?
