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La forêt revenue, mais comptée comment ?

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Ce que ça a donné

Le bilan officiel

  • selon une étude de cas faite pour la FAO en 2015, la forêt serait tombée à environ 21 % du pays il y a une trentaine d’années ;
  • selon le responsable du développement forestier du ministère, Gilbert Canet, elle couvre 42 % du pays en 1997, 47 % en 2000, 51,4 % en 2005, 52,3 % en 2010 et 52,4 % en 2013, d’après l’inventaire forestier national : 31 % de forêts matures, 13,7 % de forêts secondaires, qui repoussent sur d’anciens pâturages, et 24,1 % de pâturages ;
  • la reprise « est due surtout à l’augmentation des forêts secondaires », écrit-il ; selon l’étude de la FAO, il y en a près de 700 000 hectares, 300 000 de plus qu’en 1986 ;
  • les aires protégées couvrent 26,1 % du pays, et environ la moitié des forêts.
Les paiements, eux, ont touché beaucoup de terres : 284 000 hectares protégés en 2021 selon La República, plus de 6 000 familles sous contrat en 2020 selon Semanario Universidad.




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Pourquoi s’en méfier : le point de départ

L’étude de la FAO le dit elle-même : ces 21 % étaient « la tendance la plus admise il y a quelques années », mais c’est aujourd’hui controversé, car selon les études, le point bas va de 21 % à 57 %. Tout dépend de ce qu’on appelle une forêt, et de qui compte.

Le chercheur Arturo Sánchez-Azofeifa, de l’université de l’Alberta, a refait les cartes de 1960 à 2013 avec la même méthode. Selon lui, la forêt passe de 59,5 % du pays en 1960 à 40,8 % en 1986, et « n’est jamais descendue sous 40 % ». Le premier chiffre, publié en 1986, a créé selon lui « un mythe ». Et quand une étude de 1997 a trouvé plus de 40 %, « plusieurs organisations écologistes » l’ont vivement contestée, écrit-il, parce qu’elle contredisait leur discours. La forêt est revenue, c’est sûr. Qu’elle ait « doublé » dépend de qui compte, et comment.




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Pourquoi s’en méfier : ce que les paiements ont changé

En 2013, les économistes Juan Robalino et Alexander Pfaff publient la première analyse nationale des débuts du programme. Pour 1997 à 2000, l’effet des paiements sur le défrichement va « de zéro à un cinquième de 1 % par an » : au plus 2 hectares sur 1 000 payés auraient été défrichés sans paiement. La raison principale : on défrichait déjà peu, et on payait surtout des terres peu menacées. Leur leçon : l’effet sur la forêt « n’est pas automatique ».

D’autres études trouvent mieux. Dans la région de Sarapiquí, les paiements ont augmenté la forêt des fermes inscrites d’environ 11 à 17 % de la surface sous contrat, en huit ans (Arriagada et ses collègues, 2012). Pour l’étude de la FAO, ils ont « sans aucun doute » aidé à stabiliser la forêt. Mais les mêmes auteurs placent d’abord d’autres causes : la viande qui se vend moins bien, les cultures d’exportation, les emplois hors de la ferme, l’interdiction de défricher, les aires protégées et le tourisme. Autrement dit, selon ces études, la forêt est surtout revenue parce que l’élevage rapportait moins ; les paiements l’ont aidée à rester.




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Écrite le 24 / 10 / 2026
Histoire lue 38 fois
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