Et en 2024 ?
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Et aujourd’hui ?
Juillet 2024
Après la dissolution de l’Assemblée, les législatives donnent trois blocs, sans majorité absolue (289 sièges) : le Nouveau Front populaire arrive en tête avec 182 sièges, le camp présidentiel en obtient 168, le Rassemblement national et ses alliés 143. Au premier tour, c’est le RN et ses alliés qui avaient recueilli le plus de voix.Fin août, Emmanuel Macron écarte un gouvernement du Nouveau Front populaire mené par Lucie Castets, en estimant qu’il serait aussitôt renversé. Le 5 septembre, il nomme Michel Barnier, issu des Républicains, arrivés loin derrière les trois blocs. Le 4 décembre 2024, son gouvernement est renversé par une motion de censure votée par 331 députés.
Les deux lectures
La Constitution laisse le président libre de choisir le Premier ministre ; l’usage veut qu’il le prenne dans la force la plus nombreuse, mais aucun texte ne l’y oblige. Pour les uns, Emmanuel Macron a cherché un gouvernement qui ne tombe pas tout de suite. Pour les autres, il a choisi contre le résultat des urnes.On retrouve la même question qu’en 2008 : le vote dit quelque chose, les règles en permettent une autre, et tout dépend de ce que ceux qui gouvernent décident d’en faire.
Ce que ça nous apprend, et ce que ça ne prouve pas
Ce que ça nous apprend :
- un vote ne pèse que si les règles obligent à le respecter ;
- on peut contourner un vote sans rien enfreindre : la domination passe aussi par les règles du jeu ;
- chaque vote contourné use la confiance, et nourrit la demande d’outils que le peuple tiendrait lui-même.
Ce que ça ne prouve pas :
- qu’il y a eu une illégalité : il n’y en a pas eu, ni en 2008 ni en 2024 ;
- que tous les « non » de 2005 voulaient la même chose ;
- qu’un référendum donne toujours la réponse la plus juste ;
- qu’un camp politique est seul en cause : en 2008, la ratification a eu besoin de voix de la droite et de la gauche.
On se teste ?
