Légal, mais légitime ?
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Les deux camps
Ceux qui défendent la ratification
- Nicolas Sarkozy avait annoncé pendant sa campagne qu’il passerait par le Parlement, et il a été élu ;
- en démocratie représentative, le Parlement a toute légitimité pour ratifier un traité, et la Constitution le permet ;
- le texte n’était pas identique : il avait été renégocié à vingt-sept ;
- un référendum sur un texte de plusieurs centaines de pages mélange trop de questions et trop de colères.
Ceux qui parlent de déni
- le contenu est pour l’essentiel le même, de l’aveu même de son principal auteur ;
- le peuple avait répondu sur le fond, et une réponse directe du peuple devrait peser plus qu’un vote de ses représentants ;
- une campagne présidentielle mélange elle aussi des centaines de sujets : élire un président n’est pas approuver chacune de ses promesses ;
- légal ne veut pas dire légitime.
La lecture d’AVENIR : qui a le dernier mot ?
Personne n’a enfreint la loi en 2008. Et c’est justement ce qui rend l’histoire intéressante : les règles du jeu permettent à ceux qui gouvernent de choisir quand le peuple est consulté, et ce qu’ils font de sa réponse.Un référendum ne vaut que par la volonté de le respecter. Quand cette volonté manque, la confiance s’use. Dix ans plus tard, en 2018, une des revendications des gilets jaunes est le référendum d’initiative citoyenne : un référendum que le peuple pourrait déclencher lui-même, sans attendre qu’on le lui propose.
On se teste ?
