Signé pour 45 ans, arrêté en six mois
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Le mécanisme
2007 : la route et le train
Le 19 janvier 2007, à Matignon, le Premier ministre Dominique de Villepin et Paul Vergès signent un accord : l’État et la Région financeront les deux.- la nouvelle route du littoral : 930 millions d’euros, dont 394 millions de l’État ;
- le premier tronçon du tram-train, environ 40 km de Saint-Paul à Sainte-Marie en passant par Saint-Denis : 1,31 milliard d’euros, dont 435 millions de l’État.
Le projet a aussi ses faiblesses. En janvier 2008, la commission d’enquête publique rend un avis défavorable sur le passage entre La Montagne et La Possession.
2009 : un contrat de 45 ans
Pour construire et faire rouler le tram-train, la Région choisit un partenariat public-privé : des entreprises construisent et exploitent, et la collectivité les paie pendant des décennies. Le 14 août 2009, elle retient le groupement Tram’Tiss (Bouygues, Bombardier, Veolia et Axa, notamment).Mais il manque de l’argent pour faire rouler le train : la Région demande à l’État une aide de fonctionnement, 80 millions d’euros par an selon la presse spécialisée de l’époque. En novembre 2009, le gouvernement refuse.
Le 2 décembre 2009, Paul Vergès signe quand même le contrat, pour 45 ans, moins de quatre mois avant les élections régionales. Une clause donne à la Région six mois, renouvelables, pour obtenir de l’État le financement qui manque.
2010 : l’élection tranche
En mars 2010, Didier Robert (UMP) gagne la Région. Il avait promis d’arrêter le tram-train. Il redemande l’aide à l’État ; le Premier ministre François Fillon lui répond que le gouvernement ne prévoit pas de verser à la Région « une dotation de fonctionnement affectée au tram-train ». Fin mai 2010, la Région déclare le contrat caduc.Le 14 octobre 2010, François Fillon et Didier Robert signent un nouvel accord :
- la nouvelle route du littoral, avec des voies réservées aux bus, et plus tard peut-être à un train : 1,6 milliard d’euros ;
- 250 millions pour des bus, le « Trans Éco Express » ;
- 350 millions pour les deux aéroports.
Qui paie si ça déborde ?
C’est le détail qui coûtera le plus cher. Dans l’accord de 2010, la subvention de l’État à la route n’est plus un pourcentage du coût, mais un montant fixe : 532 millions d’euros. Si la route coûte plus cher, la Région paie tout le reste. Pour la Chambre régionale des comptes, l’accord de 2010 « désavantage la région sur ce point par rapport à celui de 2007 ».On se teste ?
