Une route sous la falaise
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La route sous la falaise
Entre la falaise et la mer
Pour aller de Saint-Denis à l’Ouest de l’île, presque tout le monde passe par la même route : la route du littoral. Sur 11,3 km, elle court au pied d’une falaise haute de 100 à 180 mètres, et l’océan Indien la borde sur presque tout son tracé.Côté montagne, il tombe des pierres, des blocs, parfois des pans entiers de falaise, comme en 1980, en 1998 ou en 2006. Côté mer, la houle passe par-dessus la digue chaque année. Depuis 1976, selon les chiffres de la Région repris par la Chambre régionale des comptes, les chutes de pierres y ont fait 22 morts, 23 blessés hospitalisés et 40 autres blessés.
Quand le risque monte, on « bascule » : un côté de la route est fermé, et les deux sens de circulation se serrent sur l’autre. Les vélos et les piétons sont alors interdits.
Une route usée
La route a été ouverte en 1963, après quatre ans de travaux, puis élargie à deux fois deux voies en 1976. Elle était conçue pour durer cinquante ans. Sa carapace de blocs de béton, côté mer, n’a pas été prévue pour les houles des plus gros cyclones : la Région en refabrique environ 700 blocs par an. L’entretien et l’exploitation particulière de cette route coûtent environ 6 millions d’euros par an.Dès 1995, après un premier débat public, un comité d’experts conclut que cette route ne pourra jamais être parfaitement sécurisée, et qu’il faudra la remplacer. Reste à savoir par quoi.
Avant la route, un train
Ce n’est pas la première fois que l’île se pose la question. En février 1882, un chemin de fer est mis en service : 126 km de voie, de Saint-Benoît à Saint-Pierre, par Saint-Denis et Le Port. Entre Saint-Denis et La Possession, il passe par La Grande Chaloupe et par des tunnels creusés dans la montagne.Mais le train coûte cher à entretenir, déraille souvent sur sa voie étroite, souffre des cyclones, et les routes se développent. Le Sud ferme au milieu des années 1950, le Nord en 1963, l’année où la route du littoral ouvre. Les 11 derniers kilomètres, entre Saint-Denis et La Possession, sont supprimés en 1976, l’année où la route passe à quatre voies. Il en reste un tronçon d’environ 4 km autour de la gare de La Grande Chaloupe, où roule le « Ti Train » d’une association.
Deux réponses
Au début des années 2000, deux projets avancent en même temps. L’État étudie une nouvelle route pour remplacer l’ancienne. La Région, présidée depuis 1998 par Paul Vergès (Parti communiste réunionnais), prépare un tram-train : un train léger qui roule sur une voie ferrée entre les villes, et comme un tramway dans les villes.En 2008, la route nationale passe à la Région, qui hérite du projet de nouvelle route. Elle tient alors les deux dossiers, la route et le train. Il reste à décider lequel, ou les deux, et surtout qui paiera.
On se teste ?
