Ce qu’il a fait avancer
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Ce que ça a donné
La fusée qui revient
Jusqu’en 2015, une grande fusée perdait presque tout à chaque lancement. Le 21 décembre 2015, le premier étage d’une Falcon 9 de SpaceX revient se poser debout à Cap Canaveral, une première pour une fusée capable d’atteindre l’orbite. Depuis 2017, les mêmes étages revolent. En 2025, SpaceX bat son record pour la sixième année de suite, avec 165 lancements.Le 30 mai 2020, une capsule Dragon emmène deux astronautes de la NASA vers la Station spatiale : c’est le premier vol habité parti des États-Unis depuis l’arrêt de la navette, en 2011. Quand la capsule concurrente de Boeing, Starliner, connaît des pannes en 2024, c’est une Dragon qui ramène sur Terre, en mars 2025, les deux astronautes restés là-haut neuf mois au lieu de huit jours.
La voiture électrique prise au sérieux
Avant Tesla, la voiture électrique restait marginale. La Model S, en 2012, puis la Model 3, en 2017, montrent qu’elle peut rouler loin et se vendre en masse. Le 12 juin 2014, Musk publie un texte intitulé, en anglais volontairement fautif, « Tous nos brevets sont à vous » : Tesla promet de ne poursuivre personne qui utilise ses inventions de bonne foi, parce que le vrai concurrent, écrit-il, c’est la voiture à essence.Le reste du monde a suivi, au point de le dépasser : en 2025, le chinois BYD vend 2,25 millions de voitures 100 % électriques, Tesla 1,64 million, en baisse d’environ 9 % sur un an.
Pourquoi s’en méfier
Ce sont souvent les chiffres et les promesses de Musk lui-même :- en avril 2019, il annonce, selon les comptes rendus de l’époque, plus d’un million de « robotaxis » sur les routes l’année suivante. En juin 2025, les premiers robotaxis de Tesla roulent à Austin, dans une partie de la ville, avec un employé de sécurité à bord ;
- le 1er août 2025, à Miami, un jury juge Tesla responsable pour un tiers d’un accident mortel survenu en 2019 avec son aide à la conduite, l’Autopilot, et la condamne à environ 243 millions de dollars. Tesla a demandé l’annulation du verdict ;
- en octobre 2024, il promet que son futur service d’efficacité de l’État, le DOGE, pourra couper au moins 2 000 milliards de dollars de dépenses fédérales. Le site du DOGE affichera ensuite jusqu’à 215 milliards d’économies.
Le DOGE vérifié
Le 6 août 2026, le GAO, l’organe de contrôle du Congrès américain, publie son examen du « mur des reçus » du DOGE, qui affichait alors 110 milliards de dollars d’économies sur des contrats, des subventions et des baux. Ses constats : certaines économies sont « incorrectes ou sans preuve » ; 108 des 264 baux à résilier l’étaient déjà avant la création du DOGE ; un contrat compté pour 1,7 milliard de dollars n’a jamais été résilié ; la méthode de calcul de 96 % des économies sur les subventions ne peut pas être vérifiée. Les responsables du DOGE n’ont pas répondu au GAO.Les deux choses sont vraies en même temps : des réussites techniques que presque personne n’avait su faire, et des annonces qui ne tiennent pas une fois comptées. C’est pourquoi il faut toujours demander : qui a produit le chiffre ?
On se teste ?
