Des esclaves dans nos assiettes
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Une cage sur une île
Une cage sur une île
Benjina, petite île isolée de l’est de l’Indonésie, 2015. Des journalistes de l’agence de presse américaine Associated Press y découvrent, derrière un port de pêche, une cage où sont enfermés des hommes. Ce sont des pêcheurs venus de Birmanie, du Cambodge, du Laos. Leur faute : avoir demandé à rentrer chez eux.Ces hommes ont été trompés par des recruteurs, vendus à des bateaux de pêche, forcés de travailler des journées interminables, battus, parfois pendant des années, sans salaire et sans pouvoir s’échapper. Non loin, les journalistes trouvent un cimetière où des dizaines de pêcheurs sont enterrés sous de faux noms.
Du bateau au supermarché
Le poisson pêché par ces hommes ne restait pas en Asie. Les journalistes suivent sa trace, par satellite et sur le terrain : il passe par des usines en Thaïlande, et finit dans des conserves, des crevettes surgelées, des aliments pour animaux vendus dans de grands supermarchés d’Amérique et d’Europe.Celui qui achète une boîte de thon ou de nourriture pour chat ne peut pas savoir qu’au bout de la chaîne, quelqu’un a peut-être pêché ce poisson enchaîné.
Pourquoi ce cours
On croit l’esclavage aboli. Il a changé de forme et de lieu : il s’est déplacé là où personne ne regarde, comme la haute mer, loin des côtes, des lois et des témoins.Le roman Un cri dans l’océan de Benoît d’Halluin, paru en 2025, s’inspire de ces enquêtes : l’histoire d’un homme enlevé dans un port thaïlandais et réduit en esclavage sur un bateau de pêche. Ce cours raconte la réalité qui est derrière.
On se teste ?
