Les héritiers de Wörgl
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Et aujourd’hui ?
L’idée n’est pas morte
Près d’un siècle plus tard, la monnaie de Wörgl a des héritiers :- le Chiemgauer, en Bavière, lancé en 2003, perd lui aussi un peu de sa valeur s’il dort trop longtemps ;
- le WIR, en Suisse, né en 1934 en pleine crise, sert encore aujourd’hui aux échanges entre entreprises ;
- en France, des monnaies locales comme l’Eusko au Pays basque, et les SEL, ces systèmes où l’on échange des heures de service plutôt que des euros.
Un écho inattendu : les taux négatifs
De 2014 à 2022, la Banque centrale européenne a appliqué des taux négatifs à l’argent que les banques laissaient dormir chez elle. Le but : les pousser à prêter plutôt qu’à garder.C’est, à une autre échelle, l’idée de Gesell : un argent qui dort coûte quelque chose. Sauf qu’en 2014, c’est la banque centrale elle-même qui l’applique, à son niveau. Ce qu’on avait interdit à une commune en 1933, l’institution qui détient le monopole le fait quatre-vingts ans plus tard, quand cela l’arrange.
Ce que Wörgl nous apprend, et ce qu’il ne prouve pas
Ce qu’il nous apprend :
- la monnaie est un outil, avec des règles qu’on peut changer ;
- une crise peut venir d’un échange bloqué alors que tout le reste est là ;
- le pouvoir de créer la monnaie est un pouvoir politique, pas seulement technique.
Ce qu’il ne prouve pas :
- qu’une monnaie fondante sauverait un pays entier ;
- qu’elle marcherait sur dix ans plutôt que sur treize mois ;
- que le succès venait de la monnaie plutôt que des chantiers.
On se teste ?
