Ce que la monnaie a changé
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Ce que ça a donné
Les chantiers redémarrent
En un peu plus d’un an, la mairie lance les travaux qui attendaient : selon les récits de l’époque, des logements, un réservoir d’eau, un pont, et même un tremplin de saut à ski.Les impôts en retard rentrent, payés en billets de Wörgl. Les commerçants vendent de nouveau. Et surtout, d’après la mairie, le chômage baisse d’environ un quart à Wörgl, alors qu’il continue de monter dans le reste de l’Autriche.
Les partisans de l’expérience affirment aussi que chaque billet changeait de main bien plus souvent qu’un schilling ordinaire : c’était tout l’objectif.
Prudence avec ces chiffres
Ce site promet de raconter les expériences honnêtement, y compris ce qui gêne. Alors voici ce qu’il faut savoir :- les chiffres viennent surtout de la mairie et des partisans de Gesell, qui avaient tout intérêt à présenter un succès ;
- l’expérience a duré à peine plus d’un an, dans une ville de 4 200 habitants ;
- une partie de l’effet vient tout simplement de ce que la mairie a dépensé de l’argent en travaux. N’importe quelle commune qui lance des chantiers fait baisser son chômage, avec ou sans monnaie fondante.
Le « miracle de Wörgl » fait le tour du monde
La nouvelle se répand. Des journalistes et des économistes viennent voir. En janvier 1933, Kirchbichl, la commune voisine, adopte le même système. Dans d’autres communes du Tyrol et d’ailleurs en Autriche, des conseils municipaux votent pour faire pareil.Aux États-Unis, l’économiste Irving Fisher, l’un des plus réputés de son temps, publie en 1933 un petit livre, Stamp Scrip, pour promouvoir l’idée. En 1936, John Maynard Keynes consacre quelques pages à Gesell dans sa Théorie générale et écrit que l’avenir aura plus à apprendre de l’esprit de Gesell que de celui de Marx.
Une petite ville du Tyrol est devenue un cas d’école. C’est précisément ce qui va la perdre.
On se teste ?
