Ceux qui ont dit non
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Ceux qui ont refusé
Le tiers oublié
On retient toujours les deux tiers qui obéissent. On oublie le tiers qui refuse. C’est pourtant lui qui intéresse le plus AVENIR.Dans son livre de 1974, Milgram raconte plusieurs de ces refus. Une technicienne médicale, qui avait grandi dans l’Allemagne nazie, s’arrête vers 210 volts. Quand l’expérimentateur insiste, elle répond calmement qu’elle ne veut pas faire de mal à quelqu’un, et que c’est elle qui décide de venir ou non. Interrogée sur son passé, elle dit simplement qu’elle a peut-être vu assez de souffrance.
Ce qui aide à désobéir
Les variations de l’expérience donnent des indices précieux :- voir l’autre : plus la victime est proche et visible, plus on refuse ;
- ne pas être seul : deux rebelles suffisent à faire chuter l’obéissance ; le premier « non » rend les suivants possibles ;
- une autorité contestée : quand deux expérimentateurs se contredisent devant le volontaire, presque tout le monde s’arrête ;
- garder sa responsabilité : ceux qui refusent parlent à la première personne, « je ne veux pas », au lieu de « on m’a dit de ».
Pourquoi l’expérience s’est arrêtée
L’expérience n’a pas été arrêtée par une autorité extérieure, comme la monnaie de Wörgl. Elle s’est arrêtée parce que la société a décidé qu’on n’avait plus le droit de faire subir ça à des volontaires. Les règles d’éthique ont limité ce que les chercheurs peuvent faire.C’est, en soi, une petite victoire contre la soumission : une autorité, celle de la science, s’est vu imposer des limites par ceux sur qui elle s’exerçait.
On se teste ?
