Une expérience à relire avec prudence
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Ce qu’il faut savoir avant d’y croire
Les enregistrements réécoutés
En 2012, la psychologue australienne Gina Perry publie un livre après avoir réécouté les enregistrements originaux et retrouvé d’anciens volontaires. Ce qu’elle décrit est troublant :- l’expérimentateur sortait souvent du script, insistait, inventait des arguments, au lieu de répéter les quatre phrases prévues ;
- une partie des volontaires doutaient que les décharges soient réelles, ce qui change le sens de leur « obéissance » ;
- le chiffre de 65 % vient d’une seule version, parmi plus de vingt, qui ont donné des résultats très différents.
Une expérience impossible aujourd’hui
Les volontaires ont été soumis à un stress intense, sans savoir à quoi ils consentaient. Certains en ont été marqués. Ce type d’expérience a contribué à créer les règles d’éthique qui encadrent aujourd’hui la recherche sur les humains.Les répliques modernes s’arrêtent donc à 150 volts, le moment où l’élève demande pour la première fois à sortir. En 2009, aux États-Unis, l’Américain Jerry Burger obtient des taux d’obéissance à peine plus faibles que ceux de Milgram à ce stade. D’autres répliques, en Pologne notamment, vont dans le même sens.
Ce qui résiste
Malgré les critiques, un résultat tient depuis plus de soixante ans et dans plusieurs pays : une proportion importante de gens ordinaires acceptent de faire du mal à un innocent quand une autorité, dans un cadre qui paraît légitime, le leur demande.Certains chercheurs, comme Alexander Haslam et Stephen Reicher, proposent une autre lecture : les volontaires n’obéissaient pas aveuglément, ils adhéraient à la cause présentée, la science. Pour notre sujet, la conclusion est la même, et elle est plus inquiétante encore : on fait le mal plus facilement quand on croit servir une bonne cause.
On se teste ?
