Deux sur trois vont jusqu’au bout
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Les résultats, et ce qui les fait varier
Deux sur trois
Dans la version la plus célèbre, où l’élève est dans une autre pièce, 26 volontaires sur 40, soit 65 %, vont jusqu’à la dernière manette, 450 volts.Ce ne sont pas des brutes. La plupart transpirent, tremblent, protestent, ricanent nerveusement, demandent qu’on aille voir l’élève. Mais quand l’homme en blouse répond calmement « l’expérience exige que vous continuiez », ils continuent.
Les psychiatres prévoyaient 1 sur 1 000
Ce fut 650 sur 1 000 : l’expérience a surtout montré combien on se trompe sur soi-même.
Ce qui fait varier l’obéissance
Milgram a ensuite répété l’expérience avec des centaines de volontaires, en changeant un détail à chaque fois. Les résultats sont aussi importants que le chiffre de 65 % :- la distance : quand l’élève est dans la même pièce, l’obéissance tombe à 40 % ; quand l’enseignant doit lui-même poser la main de l’élève sur la plaque, à 30 % ;
- l’autorité qui s’éloigne : quand l’homme en blouse donne ses ordres par téléphone, seuls 2 volontaires sur 10 vont au bout, et plusieurs trichent en envoyant des chocs plus faibles qu’ordonné ;
- les rebelles : quand deux autres « enseignants », complices de Milgram, refusent de continuer devant le volontaire, l’obéissance s’effondre, à environ 10 % selon Milgram.
« Ce n’est pas moi, c’est lui »
Pour expliquer ses résultats, Milgram parle d’un état agentique : face à une autorité jugée légitime, on cesse de se voir comme l’auteur de ses actes, et on se voit comme l’instrument de quelqu’un d’autre. La responsabilité passe à celui qui donne l’ordre.Les volontaires le disent eux-mêmes : « je voulais arrêter, mais c’est lui qui décidait ». Plus la chaîne entre l’ordre et la souffrance est longue, plus il est facile de se sentir innocent.
On se teste ?
