Qui a menacé la démocratie ?
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Ce qui coince
Pour Trump et ses soutiens
- l’élection de 2020 a été faussée : règles changées en urgence pendant le Covid, vote par correspondance élargi, comptages contestés. « Nous ne céderons jamais », dit Trump le 6 janvier ;
- les poursuites étaient politiques, une « chasse aux sorcières » : la procureure de Géorgie a été écartée par la justice, et la Cour suprême a reconnu l’immunité des actes officiels ;
- en 2024, les électeurs ont tranché : Trump est réélu, avec 312 grands électeurs sur 538 et la majorité relative des voix ;
- sa proclamation du 20 janvier 2025 dit qu’elle « met fin à une grave injustice nationale » et ouvre un « processus de réconciliation nationale ».
Pour leurs adversaires
- aucun recomptage, aucun audit et aucun tribunal n’a trouvé de fraude capable de changer le résultat, ni en Géorgie ni ailleurs, y compris des juges nommés par Trump ;
- l’enregistrement du 2 janvier et les témoignages devant la commission montrent, selon eux, une pression organisée sur ceux qui comptaient ;
- gracier des personnes condamnées pour avoir frappé des policiers, c’est dire que la violence paie, si l’on est du bon camp ;
- la démocratie a tenu, mais de justesse, et parce que des gens ont accepté d’en payer le prix.
Le prix du non
Devant la commission d’enquête, le 21 juin 2022, Raffensperger raconte : sa femme a reçu des menaces à caractère sexuel ; des gens sont entrés par effraction chez sa belle-fille, veuve, mère de deux enfants. Pourquoi ne pas avoir démissionné ? Il devait, dit-il, « être fidèle à la Constitution ».Il n’est pas le seul. En 2023, près d’un responsable électoral local sur trois dit avoir été harcelé, insulté ou menacé à cause de son travail (enquête du Brennan Center).
En 2022, Raffensperger gagne pourtant sa primaire républicaine avec 52 % des voix, contre un candidat soutenu par Trump. En mai 2026, il se présente au poste de gouverneur de Géorgie : il finit troisième de la primaire républicaine, avec environ 15 %.
Pouvoir et dépendance
Le plan d’ensemb dit qu’on domine quelqu’un par ce dont il dépend. Un garde-fou, c’est une personne, et une personne dépend de son poste, de son parti, de sa sécurité, de ses électeurs. Pour faire céder un verrou, pas besoin de casser la loi : il suffit de faire peur à celui qui le tient, ou de le remplacer par quelqu’un de plus docile.L’expérience d’Asch le montrait : une seule voix discordante suffit à rompre l’unanimité. Encore faut-il qu’elle survive à ce qu’on lui fait payer.
On se teste ?
