Des garde-fous, et des gens
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Le mécanisme
Comment meurent les démocraties
En 2018, deux politologues de Harvard, Steven Levitsky et Daniel Ziblatt, publient How Democracies Die (La Mort des démocraties, en français en 2019). Leur thèse : aujourd’hui, les démocraties meurent moins sous les chars que sous la main d’élus, qui vident les institutions de l’intérieur.Les lois ne suffisent pas à les protéger. Ce qui les tient, ce sont deux règles non écrites, deux garde-fous :
- la tolérance mutuelle : l’adversaire est un adversaire, pas un ennemi ; s’il gagne une élection libre, il a le droit de gouverner ;
- la retenue : ne pas utiliser tout le pouvoir que la loi permet pour écraser l’autre camp.
Les verrous d’une élection
Une élection américaine passe par plusieurs mains : les électeurs votent, les comtés comptent, chaque État certifie, les juges tranchent les recours, puis le Congrès compte les voix des grands électeurs, sous la présidence du vice-président. Fin 2020, chacun de ces verrous a été poussé.Chaque verrou est une personne
Ceux qui ont tenu étaient souvent du camp de Trump :- son ministre de la Justice, William Barr, le 1er décembre 2020 : « Nous n’avons pas vu de fraude à une échelle qui aurait pu changer le résultat de l’élection » ;
- le chef de l’agence fédérale de cybersécurité, Chris Krebs : son agence et d’autres responsables jugent l’élection « la plus sûre de l’histoire américaine » ; Trump le renvoie le 17 novembre ;
- des juges : selon un décompte du Washington Post en décembre 2020, au moins 86 juges ont rejeté au moins un recours de Trump ou de ses soutiens, dont 38 nommés par des républicains ;
- en Géorgie, Gabriel Sterling, républicain, chargé du système de vote, le 1er décembre, devant les menaces contre les agents électoraux : « Quelqu’un va être blessé, quelqu’un va être tué. »
On se teste ?
