Pas des hippies pour autant
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Ce que disent vraiment les études
Moins de violence grave
En 2014, une grande étude a rassemblé des décennies d’observation : chez les chimpanzés, plus de 150 meurtres recensés dans 18 communautés ; chez les bonobos, un seul cas soupçonné, dans quatre communautés suivies.La différence est massive, et elle ne s’explique pas par le seul contact avec les humains : les chimpanzés les plus tranquilles du point de vue des perturbations humaines n’étaient pas les moins violents.
Mais pas des hippies
Le bonobo a été vendu au grand public comme le « singe hippie », qui ferait l’amour et pas la guerre. La réalité est moins rose.En 2024, une étude comparant directement les deux espèces sur le terrain a montré que les mâles bonobos commettaient plus souvent des actes agressifs que les mâles chimpanzés, surtout entre mâles. Des agressions moins graves, rarement dangereuses, mais bien réelles. Et les mâles les plus agressifs avaient plus de succès auprès des femelles.
Ce qu’il faut retenir :
les bonobos ne sont pas une société sans conflits. C’est une société où les conflits ne tournent pas à la domination meurtrière, parce que d’autres forces les tiennent en respect.
Pourquoi cette différence ?
Une explication souvent avancée tient à la nourriture. Au sud du fleuve Congo, les bonobos trouvent toute l’année des plantes faciles à cueillir, sans concurrence avec les gorilles, absents de leur forêt. Les femelles peuvent alors se nourrir en groupe au lieu de se disperser, et c’est en restant ensemble qu’elles ont pu former des alliances.Si c’est juste, la leçon est intéressante : ce n’est pas la gentillesse qui a rendu les bonobos moins violents, ce sont les conditions qui ont permis aux plus faibles de s’unir.
On se teste ?
