Partager l’eau sans maître
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Comment le partage fonctionne
Les usagers font les règles
Chaque canal forme une communauté d’irrigants. Ensemble, ils fixent les règles :- l’ordre dans lequel chacun reçoit l’eau, et pour combien de temps ;
- ce qu’on fait en cas de sécheresse, quand il faut se serrer la ceinture ;
- la part de chacun dans l’entretien des canaux, à proportion de la terre irriguée ;
- les gardes qui surveillent, payés par la communauté.
Des sanctions graduées
Celui qui triche n’est pas chassé du jour au lendemain. Les amendes sont d’abord légères, puis plus lourdes en cas de récidive. Chacun sait qu’il sera vu, puisque les voisins surveillent leurs propres tours d’eau, et chacun sait que la sanction sera juste et rapide.Résultat : la plupart des conflits se règlent avant même d’arriver devant le tribunal. Le tribunal est le dernier recours d’un système qui repose d’abord sur la confiance surveillée entre voisins.
Mille ans ?
D’où vient ce tribunal ? On ne le sait pas avec certitude. La tradition le fait remonter à l’époque musulmane d’al-Andalus, autour du Xe siècle, quand les techniques d’irrigation se développent dans la région. La première mention écrite date du XIIIe siècle, après la conquête chrétienne, dans les lois du royaume de Valence.Une chose est sûre : il fonctionne depuis des siècles, sous des régimes politiques successifs, et il est aujourd’hui reconnu par la loi espagnole. Il est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco depuis 2009.
On se teste ?
