Le crédit, outil ou chaîne ?
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Et aujourd’hui ?
Chez nous aussi
La question du crédit n’est pas réservée aux pays pauvres. En France, plus de cent mille ménages déposent chaque année un dossier de surendettement, souvent à cause de crédits à la consommation faciles à obtenir et chers à rembourser. Le microcrédit existe aussi en France, accompagné par des associations, pour aider des personnes exclues des banques à créer leur activité.Dans les deux cas, la même question revient : ce crédit libère-t-il, ou attache-t-il ?
Ce que la Grameen Bank nous apprend, et ce qu’elle ne prouve pas
Ce qu’elle nous apprend :
- le crédit est une dépendance : celui qui ne peut emprunter qu’à l’usurier est à sa merci ;
- prêter aux pauvres, sans garantie, est possible, et ils remboursent ;
- il faut mesurer les promesses : celle du microcrédit était plus petite qu’annoncé ;
- un outil de libération peut redevenir une chaîne quand le profit prend le dessus.
Ce qu’elle ne prouve pas :
- que le microcrédit sort les pauvres de la pauvreté : les études ne le montrent pas ;
- que le crédit est mauvais en soi : il rend de vrais services à certains ;
- que la pauvreté vient seulement du manque de crédit : elle vient aussi du manque de terre, de travail, de droits.
On se teste ?
